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samedi, 03 novembre 2007

Bilan stimulant à créer dans le monde

Si l’on compare le monde avec un village de 100 habitants, en tenant compte de toutes ses composantes, le village ressemblerait alors à ceci :

- 57 Asiatiques - 21 Européens - 14 Américains - 8 Africains
- 52 femmes - 48 hommes
- 70 personnes de couleur - 30 blancs
- 70 non-chrétiens - 30 chrétiens
- 89 hétéros - 11 homos



- 6 personnes possèderaient 59% de la richesse mondiale totale
- 6 personnes auraient la nationalité américaine
- 80 seraient sans abri
- 70 seraient analphabètes
- 50 seraient dépendantes de quelqu’un d’autre
- 1 serait à la mort
- 2 naîtraient
- 1 aurait un PC
- 1 serait diplômée



Si l’on regarde le monde de cette manière, il est clair que compréhension, tolérance et études deviennent nécessaires.

Si ce matin vous vous êtes réveillé sans être malade, alors vous êtes plus heureux qu’un million de personnes qui vont mourir dans les prochains jours.

Si vous n’avez jamais souffert de la guerre, de la solitude ou de la faim, alors vous êtes beaucoup plus heureux
que 500 millions de personnes dans le monde.

Si vous pouvez aller à votre lieu de culte, sans vous sentir obligé, sans être arrêté ou être tué, alors vous êtes beaucoup plus heureux que 3 milliards de personnes dans le monde.



S’il y a de la nourriture dans votre frigo, que vous êtes vêtu, et que vous avez un toit, alors vous êtes plus riche que 75% de la population mondiale

Si vous avez un compte bancaire, un peu d’argent en poche ou un peu de monnaie dans une petite boîte, alors vous faites partie des 8% des personnes les plus riches au monde.



Si vous savez lire ce message, alors vous êtes béni, car :

1. Quelqu’un a pensé à vous

2. Vous ne faites pas partie des 2 milliards de personnes qui ne savent pas lire

3. Et ... Vous avez un PC !!



Quelqu’un a dit un jour :

Travaille – comme si tu n’avais pas besoin d’argent,

Danse - comme si personne ne te regardait,

Chante – comme si personne ne t’écoutait,

Aime – comme si personne ne t’avait blessé,

Vis – comme si, ici, c’était le Paradis sur terre.

vendredi, 02 novembre 2007

Daniel Miron, un décodeur biologique hors pair!

Daniel Miron
Auteur, Formateur, Conférencier
info@dmjc.ca
Présentation


Daniel Miron, surnommé le « Bûcheron Canadien » par le Dr. Claude Sabbah, est un grand amant de la nature et un « coureur des bois » expérimenté. Ayant toujours été près de la nature grâce à ses parents, dès son plus jeune âge, il développe un sens aigu de l'observation ainsi qu'une habileté à faire les liens et transpositions symboliques des règnes végétal et animal au règne humain.

Aujourd’hui, il vit cinq mois par année en compagnie de sa conjointe Julie qui est aussi son agente d’affaires, dans leur camp en bois rond en territoire Québécois, à 120 kilomètres de la civilisation. Ce contact avec la vie sauvage leur permet de continuer à étudier les lois naturelles qui s’appliquent aussi dans le domaine spirituel.

Philosophe, autodidacte, penseur né, il est un professionnel de la santé depuis 1993, diplômé en naturothérapie, il détient aussi un doctorat en iridologie. Il est également écrivain, auteur, conférencier, formateur et concepteur de la Création Consciente Enrichissante© qui a comme assises les lois naturelles, entres autres, la loi de la pensée positive et la loi de l’attraction.

Daniel intègre avec succès ses connaissances reliées aux lois naturelles. Il est un formateur chevronné, attentionné et expérimenté. Au cours des années, il développe son intuition qu’il communique aux gens sans explications rationnelles. Les participants lui confirment la justesse de ses visions en lui rapportant qu’elles sont significatives et qu’elles leur ont permis des changements importants dans leur vie sans en comprendre le pourquoi.

Vulgarisateur passionné, Daniel sait transmettre ses connaissances avec précision et clarté. D'un naturel chaleureux, par son charisme, son positivisme et sa communication enrichissante, il suscite spontanément un désir d’engagement chez les participants.

A travers le monde entier, des personnes bénéficient de ses enseignements pour apporter les changements voulus.

Dernières nouvelles

La Création Consciente Enrichissante© (C.C.E.)

La Création Consciente Enrichissante est une méthode sans méthode, agissant dans un état d’esprit qui ne cherche ni à gagner, ni à s’opposer, ni à dominer.

Qu’est-ce que la C.C.E.?

- La C.C.E. est une ligne de pensée dont les principes sont basés sur : la loi de l’Attraction et la création délibérée.

- La C.C.E. a pour but de vous aider dans la révélation de vos possibilités latentes et comment utiliser celles-ci avec force pour accroître votre capacité réelle et vous apporter énergie, discernement et vigueur. Vous bénéficierez d’une élasticité mentale accrue.

- La C.C.E. facilite la compréhension des lois du mental afin d’obtenir des résultats insoupçonnés. Vous augmenterez la capacité de discernement de vos pensées, à écouter, à entendre et à maîtriser ce qui se passe au niveau mental.

- La C.C.E. met en évidence que toute véritable amélioration vient de l’intérieur. Vous êtes donc responsable de vos propres progrès et fixés vous-mêmes vos possibilités d’amélioration.

- Le séminaire de la C.C.E. vous aidera à améliorer votre vie de manière exponentielle, en vous d’abord et par la suite à l’extérieur.

- La C.C.E. vous aidera à atteindre les résultats voulus en modifiant votre mode de pensée.

- La C.C.E. vous permettra de reconnaître le côté enrichissant de toute situation.

- La C.C.E. vous enseignera comment cultiver et utiliser l’imagination, les émotions, et les facultés d’intuition.

- La C.C.E. vous aidera à développer la ténacité par rapport au but et une sagesse des choix.

- La C.C.E. est basée sur la compassion intelligente et une jouissance et appréciation totale de la vie au plus haut niveau.

- La C.C.E. vous aidera à développer le pouvoir mental.

- La C.C.E. vous aidera à développer la perspicacité et la sagacité, une indépendance accrue, la capacité et la propension à la contribution (donner).

- La C.C.E peut transformer la méfiance, la dépression, la peur, la mélancolie et toute forme de manque, de limitation et de faiblesse.

- La C.C.E. peut vous aider à mettre fin aux douleurs et à retrouver la santé.

- La C.C.E. suggère des méthodes permettant de démontrer et de mettre en pratique la valeur des principes enseignés dans l’expérience quotidienne.

- La C.C.E. favorise la manifestation de la force spirituelle par l’exploration de la pensée.

- La C.C.E. est un processus qui transforme l’échec en succès.

- La C.C.E. substitue les pensées d’échec, de désespoir, de manque, de limitation et de désaccord pour des pensées de courage, de pouvoir, d’inspiration et d’harmonie.

- La C.C.E. permet d’identifier des possibilités qui auparavant n’avaient aucune signification.

- La C.C.E. vous permettra de changer votre soi, mais, également la perception de votre environnement, les circonstances et vos conditions de vie.

- La C.C.E. vous aidera à trouver le sens réel de votre vie afin que vous puissiez vivre votre mission.

- La C.C.E. favorise l’approfondissement des relations interpersonnelles.

- La C.C.E. vous aidera au niveau de votre carrière.

La Création Consciente Enrichissante vous suggère 5 séminaires thématiques:
1. Comment développer la pensée positivie créatrice
2. Comment transformer l'état de survie en stabilité émotionnelle
3. Comment transformer la méfiance en sécurité intérieure
4. Comment transformer la dévalorisation en reconnaissance de soi
5. Comment améliorer ses relations personnelles.

Au plaisir de se rencontrer bientôt!

CALENDRIER: Voir les détails sur http://www.alchymed.com/auteur/calendrier.asp?ID_Auteur=1716#6586

Octobre 2007
Le 27 Octobre MTL - Comment dév. la pensée positive créatrice
Le 31 Octobre Conférence à Paris, France

Novembre 2007
Le 2 Novembre Conférence à Bruxelles, Belgique
Le 3 Novembre Bruxelles: Comment développer la pensée positive
Le 9 Novembre Conférence à Fréjus, France
Le 10 Novembre Fréjus: Comment développer la pensée positive

Décembre 2007
Le 1 Décembre Paris: Comment développer la pensée positive...
Le 8 Décembre MTL - Comment transformer la méfiance en ...
Le 10 Décembre Conférence à Ste-Foy, Québec
Le 11 Décembre Conférence à St-Raymond de Portneuf, Québec
Le 12 Décembre Conférence à Montréal, Québec

Janvier 2008
Le 19 Janvier Québec - Comment dév. la pensée positive créatrice
Le 26 Janvier MTL: Comment transformer la dévalorisation en ....

Février 2008
Le 2 Février Bruxelles: Comment transformer l'état de survie en
Le 9 Février Fréjus: Comment transformer l'état de survie en...
Le 16 Février Paris: Comment transformer l'état de survie en...

Mars 2008
Le 29 Mars Bruxelles: Comment transformer la méfiance en...

Avril 2008
Le 5 Avril Fréjus: Comment transformer la méfiance en...
Le 12 Avril Paris: Comment transformer la méfiance en ...
Le 19 Avril MTL: Comment améliorer ses relations

Pour Information : Marie-France Veillette
Téléphone : (450) 441-3720
Courriel : liberia@videotron.ca

Pourquoi suivre les séminaires de C.C.E.?

Si vous recherchez des techniques pour enrichir votre vie, reprendre contact avec votre puissance intérieure et pour accélérer votre pouvoir de manifestation, pour vous et pour les gens qui vous entrourent, la Création Consciente Enrichissante peut vous aider.

Daniel Miron se fait un plaisir de voyager pour animer des séminaires thématiques pour vos groupes. Si ceci vous intéresse, n'hésitez pas à communiquer avec Julie: info@dmjc.ca

DMJC - Daniel Miron et Julie Chrétien

MISSION DE DMJC:
Vous aider à découvrir et à intégrer votre puissance personnelle.


OBJECTIFS DE DMJC :
- L'épanouissement personnel avec légèreté et humour;

- L'enrichissement de la vie grâce à l'amour, la foi, la compassion et la gratitude;

- L'enseignement de techniques pour gérer la pensée, les émotions et les comportements;

- La transformation extérieure par un changement intérieur;

- La reconnaissance du côté enrichissant de toute situation.



Dernier titre paru

Décodage Psychosomatique des Maladies et Comportements connexes
Les programmes spéciaux biologiques. Dictionnaire

Plus de 1275 malaises et maladies sont traités, en débutant sur l'organe touché, la description du conflit causant la maladie, l'énumération des comportements passifs et actifs, des exemples pour vous aider à vous situer et à comprendre, et finalement, l'explication du Programme Biologique Spécial qui dit pourquoi le cerveau a déclenché cette maladie en terme biologique.

Ce livre se veut un outil de contribution à l'être humain, afin que ce dernier puisse mieux se connaître, reprendre contact avec son code biologique et ainsi, en tant qu'individu responsable, qu'il puisse oeuvrer pour un monde meilleur. Il est rédigé de manière simple et logique de sorte qu'il est facile de s'y retrouver.

Titre : Décodage Psychosomatique des Maladies et Comportements connexes
Sous-titre: Les programmes spéciaux biologiques. Dictionnaire
Auteur: Daniel Miron
Collection : Ressources et Santé
Maison d'édition : Quintessence
Maison de diffusion : Diffusion Raffin
Section (thématique) : Santé
Nombre de pages : 341
Date de publication : 06 2007
ISBN : 2-913281-70-2

Extrait Le diabète

L’organe touché est les cellules Bêta des îlots de Langerhans du pancréas. Il s’agit d’un conflit de type relationnel dans une tonalité de peur et de résistance.

Les Comportements Passifs (ce qui reste dans la pensée de la personne et qu'elle n'exprime pas): La personne brûle beaucoup d’énergie à penser ce qui n’est pas encore arrivé. Elle a de la difficulté à faire confiance. Elle a besoin de sécurité. Elle a facilement peur. Les événements du passé sont présents à son esprit et c’est ce qui explique la résistance.

Les Comportements Actifs (ce que la personne extériorise): La personne résiste à presque tout ce qui lui est proposé. Elle est méfiante au maximum. Elle est protectrice. Elle est territoriale, intimidante et violente si elle se sent menacée. Elle est une combattante toujours parée au combat. Elle est pleine d’énergie. Elle est capable d’aller au fond de ses ressources s’il est nécessaire. Elle dramatise certaines situations. Elle agit comme si sa vie était toujours menacée. Elle est nerveuse et aux aguets.

Exemple : Une mère apprend de la bouche de ses enfants que leur père les agresse sexuellement depuis plusieurs années. Elle ne peut pas y croire, elle résiste et elle a très peur que ses enfants aient mal. Quelques jours plus tard, elle tombe dans un coma diabétique et frôle la mort.

Programme Biologique Spécial : Lorsque cette femme apprend la nouvelle, elle résiste de toutes ses forces. Comme elle a besoin de beaucoup d’énergie pour résister, le cerveau commandera au pancréas de réduire la sécrétion d’insuline. Ainsi, la glycémie sanguine sera plus élevée et la femme aura l’énergie nécessaire pour combattre. Le premier endroit que l’organisme puise pour de l’énergie lors d’un effort intense est dans la glycémie.

jeudi, 01 novembre 2007

Aide des animaux, de la maison et des objets

Nos animaux domestiques, comme notre maison, notre auto, notre ordinateur, notre téléphone... tout et vivant et interagit avec ce que nous vivons. Étant les "chefs" responsables de notre environnement, ce dernier réagit et nous envois des messages, des signaux dont il est important de tenir compte pour se soigner et s'épanouir.

Ainsi il est étonnant de voir comment nombre d'animaux "prennent" les malaises et les maladies de leur maître... combien la tuyauterie de la maison ou la laveuse ou telle ou telle partie de sa voiture, telle pièce de l'ordinateur ne tombent pas en panne par hasard, mais souvent dans des périodes critiques de nos vie, comme si ils jouaient le rôle de fusible!
Au lieu de réagir en déplorant qu'un malheur n'arrive jamais seul il est plus riche de voir comment ces incidents sont en fait des "soulagements" de nos "orages émotifs ou psychique" qui prennent sur eux nos foudres et nous en protège.

Pour soigner vos animaux domestique, Mr Roberge peut vous aider avec ses dons d'homéopathe formidable qui déjoue les conclusion hâtive de l'effet placebo, car avec lui l'homéopathie marche incroyablement bien sur les animaux. Pour le contacter: 514 218 0218

Un livre intéressant pour comprendre le langage des évènements est : "le livre des signaux" de Christiane Beerlandt

Jodorowski en conférence

JODOROWSKY
Résumé de sa conférence du 22 avril 2006 à la librairie Les 100 ciels à Paris, par http://clesdevie.over-blog.com/article-2827512.html

Une des techniques de développement personnel préconisée par Alexandro est d’adopter le comportement opposé de sa personnalité habituelle, de sa déviation, afin de lui faire face. On se trouve souvent une infinité d’excuses pour expliquer sa vision personnelle de la réalité. Certains n’arrivent absolument pas à envisager que leur perception de la réalité puisse être autre que ce qu’ils perçoivent et que ce qu’ils veulent qu’elle soit, qu’elle ne soit pas en accord avec leurs concepts, leurs croyances. Comme la critique : quel besoin a-t-on de critiquer les autres pour être soi-même ? Tout ce que l’on critique au monde, c’est soi-même (ce sont nos propres problèmes), un point c’est tout.

Alexandro commence ensuite à raconter les débuts de sa vie spirituelle, quand dans sa jeunesse, alors qu’il était au Mexique, il s’est mis en quête d’un maître. Et il a trouvé un maître Zen. Car quand on veut évoluer, il faut se mettre au travail ! Il est passé par des moments terribles auprès de ce maître, (qui semble-t-il appliquait une discipline de fer), a pratiqué d’innombrables exercices afin de faire face à sa propre subjectivité, comme marcher des kilomètres en jetant une lourde pierre à pas, afin de se débarrasser de son poids génétique, social et culturel ; ou encore observer sa façon de toujours se comparer et de tout comparer.

Comme Jung, considérons l’inconscient comme notre allié, comme l’infini des possibilités, et non comme Freud, comme un entassements de refoulements ! On n’est pas dans un coin de l’univers, on est l’univers ; on est soi-même la grande merveille de la création. Et chacun de nous a une responsabilité universelle.
D’autres exercices consistaient à effectuer des visualisations afin de se déconditionner, sortir de l’éternel retour sur soi-même, de l’éternel moi, moi, moi. Apprendre la relation aux autres. Nous sommes tous unis mais on ne s’en rend pas compte : tout ce qui arrive à l’autre arrive à moi ; tout ce que j’obtiens, c’est pour l’autre. Un autre exercice était de reproduire sur un papier le dessin qu’une autre personne exécute dans son dos : arriver à communiquer à travers la peau ; ou encore passer une méditation à peindre un mur en blanc : apprendre à dépasser la caquettement de son mental. Apprendre à comprendre que c’est le cœur qui pense en prenant la tête d’un autre sur son cœur. Un autre exercice était d’écrire 500 définitions des personnes que l’on connaît, et réaliser ainsi à quel point on est peuplé de personnes et de leurs jugements.
Finalement Alexendro propose un exercice à l’assistance : chercher les différents égos (ou sous-personalités) qui nous animent : mettre en lumière quels sont les différents « moi » qui prennent la direction de notre vie, pour arriver finalement au moi directeur. Pour cela il faut les dénommer, attribuer un nom à chacune des sous-personalités qui nous animent : au minimum 12 noms à trouver (négatifs et positifs) ; comme « Alexandrito le timide », « Alexandro l’exhibitioniste », « Romeo le romantique ». Suite au témoignage concernant une sous-personnalité colérique d’une personne qui était montée sur scène, Alexandro enchaîne sur la contre qualité de notre tendance au tragique : tout prendre avec humour, car tout est comique, telle l’image des sages chinois qui rigolent. Le zen aussi est humouristique. Rigoler de tout ce qui nous arrive dans la vie, même de ce qu’on est sensé normalement prendre de façon tragique. Après quelques exemples d’hilarités forcées qui font beaucoup rire l’assistance, Alexandro propose de passer à un tirage de tarot. Marianne interprète d’abord, puis ils s'échangent le micro à plusieurs reprises.
Le thème est : la relation amoureuse.
A un moment, Alexandro cite un de ses poèmes mystiques : si tu n’aimes pas, c’est ton problème, ce n’est pas mon problème ; mais ne me cloue pas sur ta croix.
Marianne continue : de même, si je ne m’aime pas, c’est mon problème. Il faut se rappeler que l'arbre généalogique nous sculte. Trop donner aussi est un problème. Il est possible que l'arbre nous a appris qu'il faut donner beaucoup sinon on ne sera pas aimé. Parfois le don (trop donner) est une excuse pour ne pas regarder son problème qui est "je ne m'aime pas assez".
Alexandro, qui doit prendre un avion le soir même, commence un exposé très profond sur la créativité.
La créativité peut changer la vie. Il n'est pas besoin de chercher sa créativité car on est tous créatifs. Pour la développer, il faut trouver les limites que l'on nous a imposé, comme les limitations spaciales par exemple : on nous a cassé notre conception de l'espace infinie, ce qui contribue à notre intellectualité limitée. Pour être créatif, il faut savoir voyager dans toutes les directions. De même, certaines personnes ont une obsession de l'âge, ce qui est un manque incroyable de créativité. Apprendre à méditer sur l'infini de l'espace et l'infini du temps. Appréhender l'éternité. De même, on a mis des limites à nous-mêmes. Par exemple, on nous dit : "qui es tu pour me dire cela ?" Mais le moi peut tout à fait être immense ! On a pris l'habitude de nous considérer comme de pauvres personnes, sans droit, humiliés. Mais la créativité du monde entier est en chacun de nous. Je suis dans le monde et je suis aussi en moi, alors qui suis-je ? On se rend compte alors qu'il y a deux forces dans l'univers : celle qui créé la conscience, devenir toujours plus conscient, plus complet. Imaginez, à l'origine tout vient d'une pierre. Dans notre cerveau il y a des millions de neurones et nous ne développons qu'un niveau d'informations social. Nous étions à l'état de singe il y a seulement quelques dizaines de milliers d'années ; imaginez quel bond nous aurons fait dans 30 000 ans ! Nous avons eu un cerveau reptilien, puis de mammifère, puis le cortex, et on va avoir un 4ème, puis un 6ème cerveau ! C'est à dire qu'aujourd'hui, on est un peu comme des gorilles, on n'arrive à comprendre tout. Notre cerveau n'est pas fait pour penser l'impensable. Plus tard, on pourra. Mais dans notre cerveau il y a le futur. On est préparé à voyager dans l'univers, on est préparer à tout avec ces millions de neurones, et ce qu'on fait, c'est créer des réseaux de neurones limités. Chaque personne a son propre réseau. Mais le meilleur réseau est infini. Quand toutes les cellules de notre cerveau seront unies au réseau universel, là on aura une puissance universelle, et chacun de nous pourra faire des choses qu'on ne peut même pas imaginer. Mais avant cela il y a des manifestations qui viennent de la préhistoire, qui vont se répéter, par imitation. Ce sont des idées fixes qui se répètent, mais qui ont été, commes les religions, absolument nécessaires dans notre évolution. Mais ces limitations ne sont plus nécessaires aujourd'hui. Par exemple, aujourd'hui un Pape sans papesse ne correspond plus à notre niveau de conscience actuel. Des hommes seuls qui prient dans la Mecque sans les femmes à côté non plus, tout comme prier un Dieu extérieur au lieu d'un Dieu intérieur.
Donc il faut apprendre à se débarrasser de toutes les limitations qu'on a intégrées en nous depuis notre naissance, on est comme coincés. Imaginez l'âme infinie qui s'incarne dans le petit bébé et toute la génétique qui lui tombe dessus ! Tant de limitations familiales nous tombent dessus. Il est souvent (Freud) considéré que les 4 malheurs sont la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort, alors que ce sont les 4 merveilles de la vie ! Sur le chemin de chemin de l'illumination, notre être illimité et merveilleux rentre en conflit avec toutes les limitations que l'on vit. On n'arrête pas d'imiter. Alors que doit-on faire ? On peut faire la liste des idées reçues. Ecrivez toutes les idées reçues que vous avez, et brûlez le papier. Se libérer des imitations, s'approcher de son authenticité. Pas de la vérité, de l'authenticité. Etre soi-même. De même dans l'éducation, faites confiance absolue à votre enfant. Ne pas s'opposer à ses aspirations. Et leur parler comme à des adultes si on ne veut pas qu'ils restent toute leur vie comme des petits enfants.

mercredi, 31 octobre 2007

Transmition transgénérationnelle de la santé

Issus de la thèse de Nathalie Séguin et de François Amigues sur: "Science, art et philosophie de l'ostéopathie dans la transmission de la santé à travers les générations", voici quelques réfexions à partager sur la santé.

FACTEURS INTERVENANTS DANS LA TRANSMISSION DE LA SANTÉ

Hérédité, histoire familiale, élaboration du système nerveux, qualité de la gestation sont autant de facteurs influant la transmission de la santé dont nous avons tracé les grands axes.

Notions de mémoire et de transgénérationnel

Le physique et le psychique sont de nos jours considérés comme indissociables, intimement reliés et mutuellement mis en œuvre dans l’élaboration de la santé. Le transgénérationnel est un concept lié à la psychologie, comme la génétique est reliée à la médecine. Or, les signes et symptômes que l’on voit apparaître chez un individu ont leur origine dans les événements du passé. Selon A.T. Still, on ne devrait jamais s‘attarder aux effets, mais toujours remonter à la cause. « Pour bien prédire, vous devez voir à travers deux voiles – celui du passé et celui du futur. Si un événement doit se produire demain, où est-il aujourd’hui ? La mémoire mobilise le passé; la raison voit le lendemain. »

• Et si cette cause venait de nos ancêtres ?
Les témoignages bouleversants, de l’art de vivre en harmonie avec la nature des aborigènes d’Australie alimentent cet espoir de retrouver la transmission des plus nobles valeurs que sont la santé, le bonheur et la plénitude au cours des âges.

L’archéologie n’a pas encore pu prouver que nous descendions de l’homme préhistorique et encore moins du singe. La philosophie moderne, fortement imprégnée des théories sur l’évolution, se situe à la croisée de la sélection naturelle et du concept lamarkien des caractères acquis. Partant de là elle explique l’état des générations actuelles par la force dégénérative qu’elles portent, transmise à la descendance.
Cependant, la dégénérescence ne serait pas synonyme de malformations congénitales, mais plutôt d’un manque d’épanouissement de nos potentiels.

Dans la lutte socioprofessionnelle enragée qui affaiblit les meilleurs élans, n’y a-t-il pas un facteur de dégénérescence qui pourrait se transmettre?

Or, les mémoires de ces arrangements persistent, et si elles sont favorables aux humains dans leur caractère évolutif lorsque des efforts de résolution d’un problème ont été faits, la loi de transmission reste aussi véridique en ce qui concerne les inadaptations à la vie. Cette théorie progressiste, accordant aux humains un certain contrôle sur leur destinée, fut d’abord défendue par le naturaliste français J.B. Lamark:
« En opposition à la pure sélection naturelle […], Lamark soutenait que les changements organiques acquis par l’utilisation ou la non-utilisation des organes et des structures était transmise aux organismes de la progéniture.»

Appliqué aux générations, c’est ici qu’apparaît tout l’intérêt de l’histoire ancestrale d’une personne. Une généalogie précise permettrait probablement de tisser une véritable trame biologique du stress transmis à sa descendance.

• Ces notions transgénétiques rejoignent celles de nos contemporains
Deux courants opposés semblent donc se transmettre entre les générations. D’une part, la santé comme une constance potentielle inaltérable, et d’autre part la réaction aux stress qui empêche à la santé de s’exprimer et qui s’inscrit comme un facteur limitant lui aussi transmissible.
Françoise Dolto rappelle dans La Cause des Enfants que :
« Tout enfant est obligé de supporter le climat dans lequel il grandit, mais aussi les effets pathogènes restés en séquelles, du passé pathologique de sa mère et de son père. Il est porteur de cette dette contractée à son époque fusionnelle prénatale, puis des dépendances post-natales qui l’ont structuré. »
Freud nous dit que
« l'hérédité archaïque de l'homme ne comporte pas que des prédispositions mais aussi des contenus idéatifs des traces mnésiques qu’ont laissées les expériences faites par les générations antérieures. » « Nous postulons l’existence d’une âme collective (…) [et, qu’] un sentiment se transmettrait de génération à génération se rattachant à une faute (dont) les hommes n'ont plus conscience et le moindre souvenir. »
Freud, tout au long de son œuvre, a toujours référé aux racines individuelles et aux racines groupales de l’identité individuelle de l’homme. L’individu mène une double existence, il recherche sa propre individualité à travers le maillon d’une chaîne à laquelle il est assujetti.
Le transgénérationnel se joue sur plusieurs plans. Premièrement, il passe indéniablement par le plan physique; la morphologie de l’individu, par exemple, peut être le siège de certaines influences des générations passées. Ensuite, sur un plan plus psychique, il y a trois niveaux :
• de l’attachement; relation symbiotique, transmission de patterns
• des liens; les interactions affectives et fantasmatiques
• du plan de relation; la question des identifications.
Ceci n’étant que des notions sommaires du courant transgénérationnel mis en avant par le professeur Bernard Golse , pour dépasser la seule dimension génétique de la transmission.
Anne Ancelin Schützenberger est une des pionnières de cette notion des liens transgénérationnels. Elle transmet ses découvertes dans son livre Aïe, mes Aïeux. Pour un individu, sa famille est un « atome social », un nid, une matrice à partir de laquelle on se construit, on trouve son identité. Elle est tissée des fils du passé. Elle nous parle de la notion de conflits non résolus et de leurs conséquences par l’impact du regard de la famille, de la société et de l’équilibre familial sur le développement d’une personne, de sa santé, de sa maladie et de sa rechute .
« On peut parler de comptes familiaux et du grand livre des comptes de la famille où on voit si l’on est en crédit ou en débit. D’où le concept de justice et de justice familiale (et de loyauté). Quand la justice n’est pas faite, cela se traduit par l’injustice, la mauvaise foi, l’exploitation des membres de la famille les uns des autres (parfois par la fuite, la revanche, la vengeance), voire même par la maladie ou l’accident répétitif. »
Déjà Freud parlait de ce « trou noir » que chaque personne porte en elle, son « non-dit » ou « non-exprimé ». Ce « non-dit » qui reste engrammé dans le corps et qui peut créer des lésions sur plusieurs générations, tel que mentionné par Phillippe Druelle.
Selon Anne Ancelin Schützenberger ce « non-dit » se manifestera par la douleur, la maladie, le silence, le langage du corps, l’échec, l’acte manqué, la répétition, les malheurs et les difficultés existentielles du patient :
« La fidélité aux ancêtres, devenue inconsciente ou invisible (la loyauté invisible) nous gouverne; il est important de la rendre visible, d'en prendre conscience, de comprendre ce qui nous oblige, ce qui nous gouverne et si, éventuellement, il ne faudrait pas recadrer cette loyauté, pour redevenir libre de vivre sa vie. Que notre vie soit l’expression de notre être profond. Les parents ont mangé les raisins verts et les enfants en ont eu les dents agacées, est-il écrit dans la Bible ».

Notion d’invariants biologiques et de neurologie cognitive

Le biologiste R.Y Cajal explicite au début du 20e siècle la plus complexe des organisations cellulaires : le système nerveux. La neurologie deviendra le pôle de toutes les recherches vers cet « homme neuronal », dont le Pr de neurobiologie, J.P. Changeux, décrit l’encéphale comme
« un gigantesque assemblage de milliards de toiles d’araignées neuronales enchevêtrées les unes aux autres, dans lesquelles crépitent et se propagent des myriades d’impulsions électriques prises en relais ici et là par une riche palette de signaux chimiques. »
Dernière-née, la neurologie cognitive soutient que le cerveau exécute constamment quatre opérations visant à reconnaître le réel, le virtuel, l’imaginaire et le symbolique. Grâce à ces opérations, il déclencherait en permanence dans le corps la meilleure réponse biologique pour adapter l’organisme aux situations qu’il rencontre à l’état de veille. Ce qui est certain, c’est qu’à l’état de sommeil, la vagotonie permet une activité de réparation, de reclassement de l’information, spécialement pendant le cycle cinq du sommeil .
Ainsi, un nombre incalculable de programmes de résolution de problèmes s’enregistreraient tout au long de la vie. Et ce, non seulement depuis la naissance, mais déjà pendant la gestation. À cette banque de données, s’ajoute celle des programmes des générations précédentes, qui resteraient comme une mémoire passive, prête à être réactivée par tout facteur déclenchant significatif. Le mécanisme qui en résulte démontre que dans certaines situations complexes ou intenses, le cerveau a gravé une stratégie de défense, un programme qui déclenche une réponse biologique invariable dans l’organisme, chaque fois que celui-ci retrouve une situation stressante qui lui rappelle la première ou qui atteint un même niveau de stress déjà connu. Ce sont donc des sortes de raccourcis que le système nerveux bâtit pour devenir plus performant au fil de ses expériences. Ce système est évolutif de telle sorte que chaque situation déclenchante et symbolique enrichit le programme, le renforce, afin d’augmenter la réponse cellulaire. Ce faisant, si la réponse à un stress spécifique est une constriction des vaisseaux, elle peut devenir par répétition, et selon l’intensité, eczéma, allergie, asthme ou cancer à l’extrême. Mais dans tous les cas, elle représente la meilleure réponse que le système nerveux est capable de donner.

• Influence du vécu sur l’ontologie
Une conséquence importante de ces découvertes neurologiques concerne directement l’ontogenèse. En effet, il devient intéressant de se demander dans quel état se trouve le corps lorsqu’un problème complexe à résoudre se pose à lui ?
- D’une part, selon sa disposition : son état de fatigue, d’excitation… (on sait qu’un accident survenant sur un alcoolique peut lui causer moins de dommage à cause de son manque de contractions réflexes lors de l’impact, par exemple.)
- D’autre part, selon son degré de maturation neuro-hormonal et cellulaire en général (la capacité de supporter un stress varie au fur et à mesure du développement neuro-hormonal de l’embryon à l’enfant à l’adulte).

Les observations précédentes viennent supporter les relations déjà établies entre le développement et la capacité d’apprentissage, mais aussi la capacité de performance face à un problème majeur à résoudre. À l’inverse de l’animal, la vie de l’homme nécessite une longue assistance de la part de ses parents pour assister la maturation complexe, donc plus lente, de son corps avant de devenir autonome. Cette maturation passe par des phases sensibles où le stress peut avoir un grand effet sur la santé.

Lorsque l’on rentre dans le détail, on se rend compte que chaque époque de la vie apporte la maturation d’un système dont les grandes lignes ont été définies durant la gestation . Il apparaît alors clairement que l’être humain développe tout au long de sa vie le plan prévu pour lui lors de sa conception, dont la structure exacte définitive a été déterminée lors des neuf mois de grossesse. De cette façon, il est à prévoir que nous serons capables d’ici quelque temps d’établir un rapport très précis entre l’idée qui a présidé à une conception, les influences qui assisteront son développement, qui en graveront la forme tout au long de la gestation et les prédispositions selon les âges de la vie. À la naissance, tout est en place, les seules interférences qui affecteraient le déroulement de la vie seraient les infinis défis qui se présenteront à la personne pour forger son caractère. Mais les grands traits de son tempérament, son « terrain », les propriétés de sa « terre », avec lesquelles il vivra ses expériences, seraient déjà tous là.

La plupart des recherches en néonatalogie tendent vers cette conclusion, et en attendant des preuves plus définitives, nous en savons déjà assez pour redonner à la grossesse une importance qui s’est perdue au fil du temps . Le respect des phases de maturation de chaque organe est très important durant la grossesse. Tout effort d’adaptation qui dépasse le niveau de compétence du corps peut engendrer la mise en place de « programmes de défense » qui ne soient pas souhaitables pour l’avenir et la santé, mais qui seraient les meilleurs au moment où le problème est survenu. Concrètement, il est, par exemple, étonnant de voir le lien entre un enfant hyperactif, son Q.I. (souvent très élevé) et les fortes compressions qu’il a subies in utero. Il semble que les fortes pressions exercées sur son corps aient produit un tel afflux d’information que le cerveau s’est programmé à développer beaucoup plus de connexions synaptiques pour être capable de gérer ces autoroutes d’informations dues à la surstimulation. Ainsi malgré leur hyperactivité constante, ils sont capables d’apprentissage accéléré lors des quelques minutes d’attention et de concentration qu’ils dégagent dans une journée .
Dès lors, pour enrichir l’interrogatoire, il devient très important de se pencher sur les grands événements qui ont affecté la vie d’une personne et la période où ils sont survenus. C’est là où l’étude de la maturation des systèmes époque par époque devient très utile à approfondir.

• Notions de spasme endocrânien
Comment ces mémoires lésionnelles se mettent-elles en place au niveau du corps, et comment sont-elles perceptibles en ostéopathie ? Philippe Druelle D.O. a mis en évidence l‘existence de spasmes endocrâniens, perceptibles et catégorisables selon leur origine personnelle, familiale ou sociale, ainsi que leur nature traumatique ou émotionnelle qui peut être acquise ou transgénérationnelle. Ces spasmes seraient l’expression d’une perturbation bio-électrique (électromagnétique) émanant du système nerveux, traduisant l’empreinte d’un conflit refoulé, ignoré, caché ou occulté en partie au niveau cérébral. Cette absence de cohérence issue de non-dit ou de dit à-demi fait naître une incohérence dans le corps qui seraient transmissibles puisqu’ils se retrouvent avec une précision étonnante d’une génération à l’autre. De tels spasmes seraient en fait décelables dans n’importe quel tissu du corps, mais trouveraient tous leur représentation au niveau crânien. Là encore, nous pouvons voir l’implication de l’ostéopathe, par le traitement de ces lésions, dans son rôle thérapeutique pour l’individu et sa descendance.

• Les « centres » de la transmission de la santé
La peau, notre enveloppe corporelle, est la première de nos limites qui nous permettra individualisation et spécificité. Si nous considérons les limites de la santé, les limites émotionnels, les limites mentales comme d’autres peaux qui permettent d’individualiser et de conférer une spécificité originale, un chemin unique à notre existence, le problème des limites change complètement de sens. Elles deviennent dès lors des alliés, des aspérités qui permettront de s’élever dans nos ascensions, des balises qui nous permettront de ne pas nous perdre et des flacons qui préserveront notre essence. Ce regard porté aux limites n’est pas conventionnel car elles représentent toujours l’ennemi à abattre et pourtant, ne sont-elles pas ce qui nous permet d’exister ? C’est alors que le contenant qu’elles recèlent prend, grâce à elles, toute son importance. Le volume qu’elles circonscrivent est animé d’un « Souffle de vie » qui s’exprimera selon l’accueil qu’il recevra au sein de ce volume. Soit que les limites laissent s’échapper leur contenant et créent des fuites, soit que ce contenant manque de fluidité et soit décentrée, il y aura alors une difficulté à bénéficier du souffle de vie dans lequel nous vivons, nous nous mouvons et avons notre existence. Or, le souffle de vie s’exprime dans le corps à travers ces fulcrums qui entretiennent le mouvement et la fluidité des liquides qui modèlent et assurent l’intégrité de l’unité fasciale. Donc, les fulcrums sont les clés du souffle de vie. Ils doivent être présents au sein de chaque cellule, chaque organe et centre de volumes, dans des successions enlignées les unes par rapports aux autres pour permettre au souffle de vie de remplir tous les volumes de sa présence bienfaisante, intelligente et autoguérissante.

La santé se transmet par la vie. Or, pour l’ostéopathe, la vie jaillit de ces centres omniprésents dans notre corps que sont les fulcrums. Points d’équilibres de chaque partie et des parties entre elles, points d’équilibres de chaque fascia et de chaque volume liquidien, ils sont les centres de la moindre segmentation corporelle; ils sont le point d’équilibre du M.R.P., le moment d’absence de mouvement entre l’inspir et l’expir. Ils y rayonnent leur vie (Potency) comme des soleils qui maintiennent le tout cohérent et vital tant qu’ils en occupent le centre pour y imprimer le rythme qu’ils engendrent dans les tissus. Plus les fulcrums sont opérationnels, plus ils délivrent la puissance et l’intelligence de la vie dans la structure et plus la santé se manifeste. Elle devient alors silence, transparence, intensité et se fait oublier. À l’inverse, on déduit que tout événement physique ou psychique capable de faire perdre à ces axes leur centre seront des facteurs hypothéquant grandement la santé, à cours ou moyen terme.

On peut donc attribuer à la restitution des fulcrums dans le corps le pouvoir de transmettre la santé. Ces centres potentiels du mouvement traduisent l’habileté du corps à répondre au souffle de vie. Ils peuvent cependant être perturbés par l’empreinte d’un strain tissulaire (effet d’une force appliquée au tissu) d’origine traumatique, toxique, chirurgical, etc. mais aussi d’origine émotionnelle ou mentale affectant la biodynamie du corps. Donc, de par leur nature temporelle (rythmique) et spaciale, ces centres vivants d’équilibres dynamiques apparaissent comme les points de convergence réunissant pensées, émotions et corps à la recherche d’un alignement de phase permettant l’expression du souffle de vie dans la matière. De cet alignement miraculeux semblent procéder à la fois la perpétuation de la vie, mais aussi sa qualité d’expression. Et si nous devions juger la santé par le niveau d’alignements cohérents de ces trois mondes physique, émotionnel et mental, nous pourrions dire que l’homme, qui possède le monde psychique le plus développé parmi les règnes, mérite notre admiration pour ses talents d’acrobates et de jongleurs capables de faire coïncider ensemble des mondes si vastes et si complexes chez lui. Cette image résume en elle toutes les dimensions et les défis dont dépend la transmission de la santé chez l’être humain… et ces défis débutent lors de la conception.

Préparer la santé de ses enfants à venir

LES INFLUENCES AFFECTANT LA TRANSMISSION DE LA SANTÉ DANS LE CYCLE DE LA VIE

Il est remarquable de constater que les activités prédominantes dans une période de la vie sont dépendantes du développement intense d’une structure et de sa fonction (exemple, le développement du système endocrinien et ses fonctions hormonales déclenchent une transformation structurelle, mais aussi une forte activité affective).

Alors une partie de l’influence subie, qu’elle soit toxique, chirurgicale, traumatique par accident, ou sensorielle (agression/tendresse, stimulation/négligence, etc.), émotionnelle (peur, fuite, combat, indifférence, amour, statut quo, etc.), ou mentale (choix, prise de conscience, etc.) est traduite par analogie au système qui est prédominant dans son développement.

Chaque période de la vie représente un filtre et il est intéressant de considérer qu’un traumatisme vécu à tel ou tel âge n’affectera pas le même système. Ce n’est donc pas le même niveau qui sera affecté au sein de ces fulcrums multidimensionnels qui véhiculent le souffle de vie. La perception que nous en aurons risque d’être plus fasciale, plus liquidienne, plus neurologique ou plus énergétique; ou encore des combinaisons associées.
Si le filtre de la période pré et périnatale était le plus déterminant pour toute la vie du futur adulte, il n’en reste pas moins que « les influences les plus significatives sont celles qui ont été les plus intenses. Aussi, il est bon de prôner la primauté du ressenti, du vécu sur l’obligation d’épreuves incontournable telle que la naissance, l’adolescence ou autre. »

Enfin, il est important de souligner que les influences vécues sont schématiquement douloureuses, difficiles, contraignantes ou au contraire heureuses, facilitantes, favorisantes. Or, s’il faut reconnaître le pouvoir stimulant de chacune dans le développement de l’individu et de sa santé, il faut souligner la supériorité des influences encourageantes sur les nociceptives dans la structuration profonde de l’être. Les premières ont un pouvoir structurant et stimulant bien supérieur qui, d’ailleurs, peut demander dans un premier temps plus d’énergie pour s’y adapter. Ce constat à l’inverse de nos croyances est un puissant outil pédagogique et thérapeutique .

CONCLUSION
De toutes les influences dénombrées affectant la santé – hormis la gravité de certains traumatismes postnataux–, il ressort la suprématie de la vie prénatale qui plonge ses racines dans l’état de santé des parents et la qualité du vécu de la gestation. Elle plante le « tempérament de la santé ». Cependant, si le tempérament influence, il ne détermine pas et il appartient au caractère de l’individu, par sa façon de vivre, de l’utiliser à son gré pour y semer la santé.
L’ostéopathe, par la philosophie vitaliste de sa science et l’étude des lois de la santé, est à même de voyager en harmonie avec cette lente maturation des potentiels de santé inhérents au corps, afin de participer intelligemment à la catalyse de leur expression.

De l'enfance à l'adolescence

L’ENFANCE

Selon B. Darraillans D.O., les chutes durant l’enfance, même si elles semblent bénignes et sans manifestation extérieure, peuvent perturber l’organisme. Selon Mme Fryman, « elles sont des graines de dysfonction semées qui pourront plus tard se manifester en un problème de comportement ou d’apprentissage » . L’enfant devrait être vu périodiquement en ostéopathie durant son développement pour corriger les lésions résultant des différents traumatismes subis durant la petite enfance, Car durant cette période, les lésions ostéopathiques sont souvent compensées par une grande vitalité, mais peuvent laisser des traces qui ressortiront plus tard : troubles de posture, de développement moteur ou d’apprentissage, problèmes de l’occlusion dentaire, etc. Il s’agit donc d’ostéopathie préventive.
• Influences de l’enfance
Achevant la finesse du système sensori-moteur l’enfant percevra encore le monde et toute influence mentale, émotionnelle ou physique essentiellement sous forme de sensations. Dans une phase de grande découverte des paramètres du monde, il les convertit tous en impressions qui finissent de structurer la base de sa morphologie d’adulte. L’apparition de la dent de six ans marque la fin de cette période délicate et les influences perçues comme nociceptives commenceront maintenant à se cristaliser, se densifier dans son corps. D’ailleurs, la maturation des os de la face prend appui sur cette dent. C’est donc dans cette période charnière que se prépare ou se corrige nombre de scoliose quelle qu’en soit l’origine. Puis, jusqu’à l’adolescence, la discrimination épicritique de son système nerveux lui permet une grande capacité d’apprentissage essentiellement par imitation. Les nombreuses peurs de l’enfance sont autant de balises qui protègent et stimulent la mise en place du système nerveux, tout en propulsant l’enfant à découvrir son environnement grâce à cette émotion principale.


LE VÉCU DE L’AUTONOMIE

• L’adolescence
C’est la période de réveil du système hormonal qui fera entrer dans la découverte du monde des désirs et, par conséquent, développera la gamme variée des sentiments humains. C’est le début de la socialisation profonde. Ici, toute influence perçue comme nociceptive est transformée de façon affective. Une chute au sol n’est plus vécue seulement comme sensoriellement douloureuse, c’est surtout une chute dans son estime ou son orgueil vis à vis des autres. Cette phase est très délicate, car c’est ici que se plantent les grands schémas de relation avec les autres, le couple et le monde. C’est aussi la phase d’enrichissement de ses liquides, sous l’afflux hormonal. Cette transformation chimique profonde confère à l’enfant son pouvoir d’adulte lui permettant de créer, de donner, de recevoir et de débuter une interrelation personnalisée avec le monde. Si elle est mal vécue, elle laisse le corps en proie à de nombreuses difficultés au niveau des fluides de son corps et de son système hormonal.

• la vie adulte
Croissance, mobilité, sensibilité, émotivité, sentiment et pensée sont arrivés à terme et l’individu, ayant récupéré ses fonctions humaines, pourra véritablement développer consciemment son pouvoir créateur et organiser, sculpter, peindre, bâtir et chanter sa vie pour tendre d’en faire le poème de ses rêves. Sur cette route, les événements sont interprétés à plusieurs niveaux, mais la prédominance de la créativité tend à transformer ce qui le touche en acquisitions pour réaliser ses projets et s’exprimer. La vie de l’adulte trouve donc des périodes sensibles autour de l’énergie déployée à façonner sa vie, le faisant passer à travers de nombreux stress, épreuves, traumatismes, constructions, effondrements, et quêtes diverse de lui-même. Dans cette longue phase créative, c’est le système nerveux, outil de l’expression qui sera le plus sollicité, testé, remanié et trop souvent épuisé, dépassé, blessé.
Une écoute attentive des épreuves franchie au fil de cette maturation, des traumatismes. opérations chirurgicales, interprétée à la lumière d'une bonne connaissance de l'anatomie et de la physiologie, donne un premier fil d'Ariane pour guider le praticien vers une compréhension des phénomènes que présente aujourd'hui son patient.
Les causes peuvent se conjuguer, issues de plusieurs origines :
• un passé traumatique ayant induit des blocages mécaniques,
• des habitudes alimentaires comme décrites plus haut,
• l'abus de drogues de tous genres, y compris le médicament,
• le surmenage tant physique qu'intellectuel,
• le stress et la détresse morale, intellectuelle et spirituelle.
Tant que ces sources ne sont pas reconnues et améliorées, les résultats thérapeutiques, quel que soit le système adopté, sont incertains et instables .
Pour le Dr Fulford D.O.,
« les traumatismes peuvent arriver n’importe où, surtout près de la maison. Il y a en plus des traumatismes physiques, les traumatismes psychologiques qui sont tout aussi nocifs. Une mort dans la famille, une séparation, un divorce peuvent amener une période de deuil importante. Si ce conflit intérieur reste non résolu pendant une longue période, il peut perturber l’équilibre chimique et nerveux du corps qui peut se manifester de différentes façons allant de la crampe d’estomac à la cataracte. La détresse émotionnelle finit presque toujours par se manifester en douleur physique, quelque part entre la tête et les pieds. Les émotions ont tendance à s’accumuler au niveau du sternum et, lorsqu’il n’y a pas de mouvement à ce niveau, le Docteur Fulford suspecte à 100 % un blocage émotionnel ».

En conclusion:
Après la période hormonale, débutent des travaux psychiques plus complexes qui viennent développer la puissance d’analyse cérébrale. C’est dans ces périodes que se forgent nos outils d’expression, de communication et de création fine, analytique et spécifique. La priorité de ce moment ouvre à la conscience une vision détaillée de l’infiniment petit à l’infiniment grand et projette fréquemment dans la notion de choix et d’ouverture de la conscience. Toute influence nociceptive est interprétée sous l’angle de la raison, du sens, du symbole et de la liberté d’y réagir et de composer avec son environnement. C’est la rencontre du monde intérieur qui finalise ses caractéristiques physiques, sensorielles, affectives et mentales, avec le monde extérieur sans limite. L’âge adulte débute alors vers la fin de la vingtaine et les influences reçues affecteront en priorité la force mentale de l’individu. L’être devient capable enfin de s’assumer entièrement, il est totalement individualisé et peut commencer à réellement devenir créateur en exprimant les traits latents de sa force spirituelle colorée par sa conscience de la vie à travers son caractère, son tempérament et les influences innées et acquises qui l’ont forgé et révélé.

• Les grands moments de la vie
L’ontologie nous a beaucoup éclairé sur le rapport existant entre la maturation chronologique et successive des grands systèmes du corps et un type de comportement associé.
Ainsi, si tout le monde connaît le lien entre l’orage hormonal de l’adolescence et la découverte des sentiments, d’autres rythmes et phases sensibles sont tout aussi important à considérer pour mener à bien un travail de libération des lésions ostéopathique.
En effet, un traumatisme survenu lors de la maturation du système sensoriel n’aura pas les mêmes effets et ne laissera pas des blessures aux même structures dans le corps qu’un traumatisme survenu lors de la maturation du système endocrinien ou nerveux.

LE NOURRISSON ET L'ALLAITEMENT

Les phases sensibles affectant l’épanouissement de la vie intra-utérine correspondent à des phases de croissance importante ou d’un remaniement tissulaire. Les lois biologiques étant constantes, on peut transposer ce rapport à toute phase sensible de la vie, comme le développement neuro-moteur de l’enfant, la mise en place des caractères sexuels à l’adolescence et, en général, à tout changement de vie nécessitant assez de vitalité pour permettre une forte adaptation.
C’est donc une autre gestation qui recommence après la naissance, celle du développement neuro-moteur. Mais déjà, le déroulement harmonieux de cette période capitale pour la vie autonome est déjà conditionné. Les performances de l’enfant « peu de temps après sa naissance sont indiscutablement le produit d’une combinaison entre l’équipement génétique de l’individu, sa vie intra-utérine et l’expérience de sa naissance ».
Dès les premiers instants de vie, la profondeur des racines établies auparavant conditionnera l’émergence de l’individu et le soutiendra avec plus ou moins force.

Influences significatives sur la vie du nourrisson

Selon Bernard Darraillans D.O., toute pathologie de la mère influence la fonction physiologique de l’enfant jusqu’à 30 mois ; après, l’enfant se différencie de la mère. Pour R. Fulford,
« Une fois que l’enfant est né, mon expérience me dit que les trois premières années sont les plus importantes, et que la diète est très importante à ce moment. Le corps s’habitue à la routine alimentaire, le type, la fréquence et le rythme établissent un schéma qui aide à promouvoir une meilleure santé. La chimie du système nerveux se comporte toujours mieux lorsqu’on lui donne une routine. »
« Je considère le plexus solaire comme étant plus qu’un simple amas de nerfs. Je pense que c’est un cerveau abdominal, où les émotions sont concentrées et où elles sont générées. Le nouveau-né normal a une fonction cérébrale abdominale plus grande que celle du cerveau (Tête). Le cerveau ne commence pas à s’épanouir avant que l’enfant ait atteint l’âge de trois ans. »
L’enfant finira donc sa maturation en dehors du sein maternel avant d’être relativement autonome d’un point de vue neuro-moteur. Ce développement l’amène progressivement vers une individualisation spatiale pour rencontrer timidement le monde selon une vie plutôt végétative, très fragile, faite de sommeil et de lait.


Importance de l’allaitement

Au-delà de toutes les modes, il faudrait se rappeler que l’allaitement est fondamentalement naturel. Il permet en plus de nourrir l’enfant avec le meilleur aliment adapté à ses besoins, de poursuivre la relation unique mère-enfant. C’est un moment privilégié qui apporte réconfort, amour et protection à l’enfant.

De nombreuses études redonnent ses lettres de noblesse à l’allaitement. L’allaitement protégerait l’enfant contre la mort par maladie infectieuse . L’allaitement pourrait diminuer le risque de sclérose en plaque en fournissant entre autres les acides gras essentiels au bon fonctionnement du cerveau et des réponses auto-immunes. « Allaiter jusqu'à trois mois pourrait réduire les risques de diabète insulino-dépendant et les enfants nourris au sein montrent des capacités verbales et motrices supérieures à celle des enfants nourris au biberon.»

Selon une récente étude scandinave, l’allaitement donnerait une protection significative face aux allergies et ce, pendant de nombreuses années après le sevrage. Par contre, l’introduction au lait de vache avant l’âge de six mois prédisposerait aux fréquentes infections de l’oreille. Une autre étude vient corroborer ce fait : l’alimentation à la bouteille serait un facteur de risque dans le développement de l’otite (Teele, D.W., U.S.A.,1989).
Selon Harold I. Magoun « la pression musculaire vigoureuse de la langue contre le toit de la bouche, lors de l’allaitement, élève la sphéno-basilaire et libère le mécanisme cranio-sacré » . L’allaitement est plus qu’un moyen de se nourrir et de se réconforter pour l’enfant, c’est un moyen d’équilibrer la tension des membranes réciproques et de permettre le meilleur équilibre possible pour les structures crânio-sacré.
Jean-Pierre Amigues D.O., lors d’une conférence multidisciplinaire faite à Paris en février 2000, a pu confirmer l’importance de l’allaitement au sein qui permet la mise en place de la lordose cervicale ainsi que le développement futur du maxillaire. Selon Mme Frymann, on devrait allaiter l’enfant jusqu'à neuf mois. Après cette période, le sein devient moins nourricier et plus un réconfort, une solution au problème que l’enfant rencontre. Pour elle, il est donc important de commencer à offrir d’autre solution et plus d’autonomie à l’enfant. Le sevrage du sein est une étape importante pour l’enfant et sa mère. Il devrait se faire progressivement, en harmonie et en accord avec les besoins de l’enfant.

Déductions pratiques
Pour un bébé, le traiter en ostéopathie, c’est aussi lui redonner la chance de repasser l’épreuve de la naissance pour mieux la réussir, en lui offrant l’opportunité de se sortir de sa lésion (compression, malposition in utero) et de se défendre contre l’agresseur (forceps, ventouse, anesthésie) Et ceci, dans des conditions où il pourra être le vainqueur et ainsi optimiser sa santé et l’expression de son être. Nous pouvons à ce moment par notre attitude, notre présence et notre pensée, démontrer à l’enfant notre sentiment d’accueil et d ‘amour; ce petit être qui vient de la lumière pour s’incarner dans la matière à travers le long tunnel maternel y sera très réceptif (concept de Bernard Montaud).

Pour le traitement spécifique des structures crâniennes et pelviennes il est bon de se référer entre autres aux ouvrages de W.G.Sutherland, D.O., Harold I.Magoun D.O. et de Viola Frymann D.O.

Nous présentons brièvement les principes de traitement de deux ostéopathes qui illustre à merveille la conscience de notre rôle thérapeutique et prophylactique en ostéopathie.
• Selon les principes de Denyse Dufresne D.O. :
Denyse Dufresne D.O. considère les nourrissons comme des petits êtres à part entière. « Le bébé, l’enfant exprime un mal-être à travers des troubles physiologiques tels une otite, de l’asthme.»Dès le début de la séance elle s’adresse directement à lui pour l’impliquer : « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? » La réponse peut être gestuelle, le bébé place une main sur l’endroit qui l’embête ou émotive, on perçoit alors un changement d’expression subit. L’anamnèse et l’observation des postures et de la coordination font également parties de la méthodologie d’évaluation. Il y a ensuite la palpation et le traitement où l’ostéopathe devient un point d’appui, un fulcrum pour le bébé, l’enfant.
• Selon les principes de Robert Rousse :
Robert Rousse accorde une grande importance, au recoupement des signes. C’est à dire que, toutes les informations se recouperont; l’observation, la palpation et l’histoire de cas raconté par les parents de l’enfant. Seul les tissus savent la mise en place de l’enchaînement lésionnel, le recoupement, la synthèse des éléments permet d’augmenter notre compréhension de la réalité tissulaire. De cette façon nous pouvons libérer les structures de leurs lésions, en relation avec la posture dans laquelle celles-ci se sont créés et ainsi regagner de façon optimale le mouvement céphalo-caudale de l’axe duremérien, et celui de la périphérie (rotation interne-externe).

La naissance

LA NAISSANCE

Pendant la gestation, c’est le monde intérieur qui régit les perceptions de l’enfant, après sa naissance c’est peu à peu le monde extérieur qui régira les nouvelles perceptions. Ce constat de Bernard Montaud rejoint celui de Bernard Daraillans D.O. : L’intéroception (reliée au « corps » énergétique) régit le monde du fœtus, les sensations lui viennent de l’intérieur, de ce monde qu’il partage avec celui de sa mère. À la naissance, au moment où le corps de l’enfant se remplit de la première respiration, son monde bascule pour devenir : l’extéroception (mise en place du « corps » des émotions reliées aux cinq sens). Quand l’enfant naît, sa mère devient extérieure, c’est la première expérience entre intéroception et extéroception. La résonance entre le corps éthérique (vital) et le corps astral (émotionnel) devient le corps sensoriel.
« Pour plusieurs, la naissance est le premier traumatisme majeur. Le bébé prend une forme compacte pour la naissance, et après la naissance, il prend sa première respiration et le corps reprend sa forme. Malheureusement, ce processus n’est pas toujours complet dans plusieurs cas le corps ne reprend pas sa pleine expansion, le prédisposant ainsi à la distorsion et à la dysharmonie. »
Dr Fulford D.O. relate plusieurs études : l’une d’elle faite à l’hôpital de Stockholm en Suède conclut que le trauma de naissance était le facteur de risque le plus propice au suicide selon une étude qui portait sur 412 patients entre 1978 et 1984. Il y aurait même une corrélation entre le type de suicide et le type de souffrance à la naissance; l’asphyxie en est un exemple, selon les études du docteur Jacobson. Une autre étude, publiée en 1985 dans le journal médical britannique The Lancet, a détecté trois dénominateurs communs au suicide : (1) une détresse respiratoire excédant une heure au moment de la naissance, (2) le manque de soins prénataux avant la vingtième semaine de grossesse, (3) la maladie chronique de la mère pendant la grossesse.

William Garner Sutherland D.O. attire notre attention sur l’impact de la naissance :

« Le mécanisme de la duremère opère comme un fil téléphonique tendu entre ces deux piliers, avec son fil qui est mis en tension d’un pôle à l’autre. Quand la tempête de neige arrive, elle encombre le fil de sa neige, alors les piliers sortent de leurs axes verticaux, mais ils restent connectés et tanguent d’un même angle.
Je veux que vous appliquiez cette image au crâne de l’enfant, lorsque des influences externes ont influencé sa forme. Considérez des traumatismes induits par l’adaptation au canal de la mère ou par des chutes durant la vie de l’enfant. Visualisez un étirement fait sur la duremère qui tire les os hors de leurs positions normales et de leurs relations normales entre eux. C’est alors nécessaire d’utiliser les membranes pour ramener ces petits os à la normale. Les membranes fonctionneront comme les fils téléphoniques entre leurs piliers, retrouvant leur alignement normal.
Même après un accouchement normal, la situation demande notre attention. La tête du bébé s’est adaptée mécaniquement au passage lors de la naissance. Lorsque le bébé pousse son premier cri et respire, aidé par la pression atmosphérique, le cri est d’habitude vigoureux, un cri spécial, avec ou sans tape sur les fesses. Ce processus fait fluctuer le liquide céphalo-rachidien. Après, les membranes vont au travail et tirent les os à leur place. »
Robert Rousse, avec ses principes spécifiques au traitement du nourrisson (applicable chez l’adulte par rapport à ses lésions périnatales), considère la duremère, lui aussi, comme un élément clé pour libérer les lésions. La pleine liberté de l’axe central serait le but à atteindre pour favoriser le plein potentiel de l’enfant. De plus pour lui, la duremère peut se bloquer de l’intérieur (la peur serait une des causes de ce mécanisme), ce faisant elle bloque tous les paramètres de mobilité et de vitalité.

Le point de vue du Dr C.Massin
Le Dr C.Massin attribue des étapes importantes à franchir au moment de la naissance, basées sur la réalité biologique de cet événement qui pourront être la source de facteur limitant la santé.
« La souffrance que certains vivent au moment de leur venue au monde constitue alors une matrice mentale de naissance. Celle-ci, unique pour chacun, oriente des traits fondamentaux de notre affectivité, de nos expériences, de notre corporalité et de notre sexualité. En outre, lorsque nous devenons parents, nos expériences périnatales se réactivent puissamment avec des conséquences importantes sur la grossesse, l’accouchement et le maternage. »
Il mentionne également qu’il est très important pour la mère de garder la communication avec l’enfant tout au long de la grossesse, de parler à son bébé. Et surtout au moment de la naissance, afin d’accompagner et d’accueillir l’enfant.

Les grandes étapes psycho-corporelles de la naissance selon Bernard Montaud

« D’un côté il existe, dans l’accouchement, une arrivée physique, charnelle, un périple du corps traversant des épreuves pour naître […] Et s’il existait en même temps une autre arrivée pendant l’accouchement. Un autre périple; celui de l’esprit traversant lui aussi des épreuves pour naître, des épreuves psychiques et spirituelles ? […] La naissance de l’esprit, qui accompagne inévitablement celle du corps, mais que seul le nouveau-né peut connaître. »
Bernard Montaud a animé pendant plus de quinze ans des stages permettant aux personnes de revivre physiquement les différents traumatismes intérieurs qui avaient jalonné leur vie. Puis quelques-uns remontèrent un peu plus loin dans le temps, jusqu’au moment de l’accouchement qui les vit naître. Par la suite, plusieurs autres personnes firent la même expérience. Ils ont décrit les faits de leur naissance et, bien souvent, ils ont pu en vérifier l’exactitude avec les archives des hôpitaux.
« Leur corps adulte éveille dans leur esprit les images, les scènes et les perceptions de ce lointain passé. La où la mémoire du cerveau fait cruellement défaut, il semble bien que la mémoire cellulaire – celle de la chair – garde à jamais gravée en elle cette traversée du ventre maternel. »
Par l’écoute et le dialogue avec les tissus, le corps ne nous livre-t-il pas ses secrets, ses lésions ostéopathiques, ses engrammes de souffrance dans la matière, ses ralentissements, ses restrictions de mobilité et de motilité, ses sidérations de la matière ? Seul le corps sait. Il sait nous guider vers sa libération seulement si nous avons l’attention et l’intention à l’écoute des lois de la nature, en harmonie et en consentement avec elles. Comme disait le Dr Still, nous devons toujours remonter à la cause pour en abolir les effets – ne devons-nous pas alors tenter de retourner à la cause première ou du moins tenter de la retrouver ?

De ces expériences Bernard Montaud tira le constat suivant : pour naître, l’enfant passe par sept étapes. Quatre de ces étapes ont lieu à l’intérieur du ventre maternel et trois à l’extérieur. Son expériences met en lumière le mystère de la naissance et son implication dans la santé. Voici un très bref résumé de ces métamorphoses et de ces étapes amenant matière à réflexion sur le long chemin de la quête des causes et des effets.
• Première étape : la décision de naître
L’accouchement est vécu comme le troisième volet d’une trinité de naissance, la première naissance est celle où l’enfant fut créé (rencontre de ses parents), il perçoit alors sa tâche à accomplir parmi les hommes, la deuxième naissance est celle où l’enfant est procréé (expérience amoureuse des ses géniteurs au moment de la conception) il perçoit alors sa tâche familiale, et la troisième naissance est celle de l’accouchement, ou l’enfant doit décider de son indépendance physique; son désir de naître motivé par les deux autres naissances.
« Le fœtus se présente de lui-même, plus ou moins bien, indiquant que la décision est prise, elle aussi, plus ou moins bien […] Des études médicales ont pu prouver que l’enfant participe au déclenchement de l’accouchement par un processus hormonal particulier. Se peut-il que ce processus glandulaire ne soit que la réponse chimique correspondant à sa décision de naître ? »
• Deuxième étape : le long couloir du ventre
Les contractions
« Ses premières tentatives de relâchement (celles de la mère lors des contractions) se trouveront en conflit avec toute sa vie intérieure du moment : sa peur d’accoucher, son rapport à la mort, sa tranquillité envers sa propre histoire. À tout cela vient s’ajouter l’agitation qui règne autour d’elle ». Les contractions de la phase d’expulsion demandent une participation active de la mère. « Par ces premières contractions s’établit une relation d’une extrême intimité entre la mère et l`enfant. »
La progression dans le long couloir
« Ce long couloir est glissant, mais de plus il est sans prise; il n’offre aucune aide pour faciliter la progression, et cela impose au fœtus une avancée en reptation, à la façon d’une vis. […] chaque millimètre franchi est une victoire titanesque sur l’espace. […] Tout ce qui ne progresse pas souffre puis, au-delà d’un certain seuil de souffrance, meurt. […] L’épreuve du long couloir va donc nous enseigner charnellement les lois de l’engagement, de l’endurance et de la foi. »
• La troisième étape : les points de blocage
« C’est la phase d'expulsion, pendant laquelle la mère devra aider activement l'enfant à sortir. Or, durant cette phase, il se produit un autre phénomène – la dilatation du col utérin-. Et cette dilatation forcément insuffisante va, elle aussi, être source d'informations pour le nouveau-né. Comment le dire plus simplement ? D'un côté, la mère pousse pour que son enfant sorte, et de l'autre elle l'empêche de passer. Et le fœtus reçoit ainsi deux sources de messages contradictoires. […] Il se joue là l’établissement d’une relation subtile de confiance entre le Maître et le disciple, entre la mère et l’enfant […] Il a soudain peur de mourir et que, d’autre part, il lui faut peu à peu admettre la terrible évidence que pour vivre il devra tuer. […] Il lui faudrait passer en force, peut-être même déchirer. Et c’est inconcevable! […] Dans cette troisième étape, le processus selon lequel le nouveau-né est amené à faire son choix le marquera cellulairement pour tous ses grands choix à venir. »
• La quatrième étape : les modalités de la sortie
Sa liberté physique toute neuve, associée au soulagement de ne plus souffrir provoque en effet une ivresse qui peu à peu le submerge. Il s’ensuit un cri qui succède à une inspiration dépliant les poumons et permettant la mise en route de la respiration. Puis, la coupure du cordon signifiant la séparation à la mère et la rencontre de l’imperfection de la terre!
• La cinquième étape : les grands yeux qui voient tout
À ce moment, l’enfant peut visiter les consciences des gens qui l’entourent ainsi que celle de sa mère. Lui qui arrive d’un monde d’amour absolu côtoie et découvre le monde mensonger de la condition humaine.
• La sixième étape : tout voir jusqu’à la folie
Lors de la naissance, si les parents, si les accoucheurs savaient à quel point cette petite vie a besoin de réconfort! C’est de recueillement et de compréhension dont il aurait besoin, de quelqu’un qui cesserait de s’extasier au-dehors sur des ressemblances et qui se pencherait sur le voyage qu’il vient de faire. À cet instant, sa souffrance atteint un paroxysme psychique.
« Il y aurait tant à dire sur les conséquences de cet événement. À cet endroit, l'enfant côtoie la mort, mais d'une toute autre façon que précédemment, non plus la mort physique, mais la mort psychique. Par cette expérience, toute une régulation nerveuse s'instaurera dans sa personnalité pour ne plus jamais aller vers le risque de la folie. Chacun de nous – parce qu'il y a goûté dès sa naissance – connaît cellulairement l'incroyable danger de la mort de l'esprit. Chacun sait aussi que l'on devient fou pour une seule raison : l’insupportable douleur du monde sans amour. Dès lors, nous pouvons comprendre pourquoi il sera vital de nous voiler la face durant toute notre vie, grâce à un écran. »
• La septième étape, l’installation de l’écran
Désormais, l’enfant sera présent soit à sa vie intérieure, soit à sa vie extérieure, mais jamais plus aux deux simultanément, comme il l’était lors des six premières étapes. C’est l’installation de l’écran; dorénavant, tu verras moins pour moins souffrir.
« Le mensonge est une des plus belles manifestations de l’écran! Car sans écran nous vivrions dans la vérité. […] L’écran fausse notre vue et nous fait sans cesse inventer une autre réalité. Bien sûr, nous ignorons ce mensonge permanent, car l’écran nous rend aveugles à notre propre vie. »
« Il y a une si grande différence entre ce que nous voulons paraître et ce que nous sommes vraiment et notre corps est tellement prêt à se tordre, à s’enraidir, pour maintenir cette différence! Entre ces deux mondes règne l’écran et nous sommes sans cesse écartelés entre l’un et l’autre. »
D’ailleurs, Philippe Druelle D.O. nous a souvent parlé lors des cours donnés au C.E.O. des buts du traitement ostéopathique, dont celui d’aider le patient à trouver le sens de sa vie, permettre l’harmonie entre ce que nous sommes et ce que nous en faisons, donc éliminer cette différence entre ce que nous voulons paraître et ce que nous sommes vraiment.
Pour Bernard Darraillans D.O., le conflit entre le schéma corporel (neurophysiologique) et l’image de soi (neuropsychique) entretiendra les lésions ostéopathiques.
Bernard Montaud conclut qu’il semble exister un lien direct entre le vécu des sept étapes de la naissance, l’installation de l’écran, et la mise en place de notre personnalité. Et que
« Fort heureusement, avec l'écran arrive également l'oubli de sa grandeur perdue. Seule demeure une nostalgie confuse qui s’estompera peu à peu pendant la petite enfance. N'est-ce pas d'ailleurs cette indicible nostalgie qui, quelques dizaines d'années plus tard, Poussera l'adulte dans une recherche spirituelle de sa grandeur possible. »
Ces concepts apportent réflexion et motivation à changer nos comportements d’accueil envers le nouveau-né. D’autres auteurs soulignent également l’importance de cette période.
« Ils soutiennent que les premiers jours, peut-être même les premières heures suivant la naissance, représentent une période sensible où la mère est particulièrement apte à constituer un lien d’attachement avec le bébé. »

Les lésions ostéopathique de la naissance
À la naissance, l’ossification du crâne n’est pas complétée ; il peut ainsi s’accommoder au canal maternel et permettre un maximum d’adaptation pour un minimum de traumatisme au niveau du système nerveux. L’occiput comporte quatre parties (une basilaire, deux condylaires, et l’écaille, formée de l’union au troisième mois de la vie fœtale, de l’interpariétal et du supraocciput) ; le sphénoïde est en trois parties (il se développe en deux parties : le pré- et le post-sphénoïde qui s’unissent au 8e mois de vie fœtale) ; à la naissance, il présente trois parties (le corps et les petites ailes, et les grandes ailes et les ptérygoïdes de chaque côté) ; le temporal consiste en deux parties : l’écaille et la partie pétromastoïde.
« Chaque partie de ces os peut être regardé fonctionnellement comme un os, capable de se mouvoir en relation avec son voisin, physiologiquement en réponse aux forces de l’intérieur du crâne et pathologiquement aux forces traumatiques de l’extérieure. »
Après que l’enfant ait lancé son premier cri, le crâne devrait (après ce modelage naturel de la naissance) reprendre son expansion et permettre un développement normal. Mais si la vitalité de l’enfant est faible ou si lors du travail il a subi des forces très grandes, le crâne ne reprendra son expansion que partiellement. Et ceci peut entraîner des problèmes durant toute une vie.

Mme Frymann D.O. fit en 1966 une étude sur 1250 nouveau-nés, qui a démontré l’existence d’un traumatisme visible sur le crâne chez 10 % des enfants (trauma provoqué juste avant ou pendant la naissance), que dans 78 % des cas il y avait un strain articulaire membraneux qui pouvait être détecté par un praticien compétent. Près de neuf enfants sur dix étaient touchés, et lorsque ces strains étaient corrigés les problèmes de la période postnatale (difficulté à téter, vomissements…) disparaissaient. De plus, elle mentionne que les enfants qui présentent des troubles de comportement, d’apprentissage ou une scoliose (pour beaucoup de cas, la conséquence d’une scoliose crânienne d’origine natale) pourraient être dépistés et les symptômes atténués par un suivie ostéopathique.

L’enfant naît dans un mouvement de spirale de naissance, de sa position complète de flexion, il présente le plus petit diamètre de son crâne au plus grand diamètre oblique maternel. Il part, dans la plupart des cas, d’un appui de son occiput contre l’iliaque gauche de la mère (OIGA). Il effectuera une périlleuse manœuvre d’extension crânienne autour de la symphyse pubienne (avec son visage vers le bas). Ceci dans une rotation spiralée de la droite vers la gauche et de la fermeture vers l’ouverture au monde extérieur, tout comme la corolle de la fleur d’hibiscus qui s’épanouit dans un mouvement spiralé au soleil.
Ce processus idéal se déroule beaucoup moins souvent qu’on ne le pense. L’échographie prise dans les derniers mois de la grossesse montre parfois des positions tout autre que la position fœtale de flexion connue. Certaines images montrent des fœtus dans des positions de postflexion extrêmes, de compression, de latéroflexion, de rotation. Nous retrouvons ces positions lors de traitement du nourrisson, si nous suivons les tissus et que nous laissons l’enfant nous montrer sa position de confort, elle reflétera, nul doute, la position d’aisance qu’il avait in utero. Cette position, il va aussi la rechercher pour dormir (exemple : en décubitus ventral les fesses en l’air avec la tête tapis contre le contour du lit ou en position de repos la tête toujours penchée du même côté ou donnant des coups de tête vers l’arrière lorsqu’il est pris dans les bras) . Harold I. Magoun D.O. qualifie ces habitudes anormales de pathognomoniques de lésions crâniennes .
Selon Roselyne Lalauze-Pol D.O., une étude récente menée à l’hôpital Phu San Tu Du, au Vietnam, conclut qu’une impaction excessive de la base du crâne serait liée aux pathologies des fonctions vitales : cardio-pneumo-entérique. Un certain nombre de pathologies liées au système locomoteur pourraient être reliées à une impaction ou un chevauchement excessif des os de la voûte (le pied talus, le pied bot varus-équin, et la luxation de la hanche paraissent être reliés à la région de la suture interpariétale qui irriterait la zone cérébrale représentant le membre inférieur) .
Lionelle Issartel D.O. a étudié pendant un an et demi les enfants, dans une unité hospitalière d’obstétrique. Faisant un examen à l’aveugle, elle a démontré que la palpation est capable de retrouver l’inscription des traumatismes infligés par les forceps, les rotations, le long travail, la naissance facile, et ce, « non parce qu’elle est devineresse, mais parce que les tissus racontent le passé, le présent, le futur. » Son étude corrobore celle de Mme Frymann D.O. : « Les compressions in utero, une naissance difficile perturbent le Mécanisme Respiratoire Primaire et ont des conséquences sur la santé des premiers jours de la vie, et parfois de tous les jours de la vie » .

Déductions pratiques

1- Il est formidable de réaliser que le fondateur de l’ostéopathie prévoyait le champ d’action de l’ostéopathie jusqu’à l’accouchement lui-même. À titre d’exemple, nous en retraçons ici les premiers pas.
Le docteur Still, dans son livre recherche et pratique nous livre son expérience au sujet de l’accouchement, et nous appelle à les utiliser nous-mêmes, à les développer davantage, à les enseigner aux accoucheurs et à intégrer les principes ostéopathiques dans le domaine obstétrique. Voici quelques-uns de ses conseils :
1. «L’étudiant qui étudie l’obstétrique devrait se familiariser avec un accouchement normal et un bassin normal.
2. Pour favoriser la dilatation du col lorsque les contractions ont commencé, faites placer la patiente sur le côté droit et remontez le ventre doucement pour permettre au sang de circuler vers le haut et le bas du bassin. À ce moment-là, relaxez tous les nerfs du pelvis et de la région pubienne.
3. Placez la patiente sur le dos à demi-couchée, ce qui permet à la matrice de tomber en avant et supprime toute pression des nerfs.
4. Vous ne devez rompre les eaux que lorsque le travail est très avancé, tant que la tête est dans les liquides du sac amniotique, elle tourne dans le bassin pour trouver le passage le plus facile entre les os.
5. (Pour) empêcher la déchirure du périnée, placez les doigts par-dessus la symphyse […], le bord cubitale de l’autre main sur les tubérosités ischiatiques, ceci permet un étirement des parties sur les côtés du vagin et empêche la déchirure. »

Pour le Dr Still, le Créateur a fait la femme de sorte qu’elle puisse donner naissance sans se blesser, il enseignait que les lacérations ne devaient jamais arriver et comment réduire la taille de la tête du bébé pour qu’elle puisse passer peu importe la largeur du canal. Il faisait la remarque suivante :

« Pensez-vous qu’un architecte pourrait construire un bateau, et lorsqu’il serait terminé, il serait incapable de le sortir. Alors pourquoi l’Architecte divin, le maître créateur de l’univers créerait un bébé et serait incapable de le mettre au monde. »

Dans Philosophie de l’ostéopathie, Dr Still consacre tout un chapitre sur l’obstétrique. De la préparation à la délivrance, en passant par le soin du cordon, la délivrance du placenta, le traitement des hémorragies possibles, jusqu’à la nutrition de la mère et le soin des seins en post-partum. L’ostéopathie contemporaine a délaissé ce champ de pratique. Nous traitons les hommes et les femmes qui ont des problèmes de fertilité ou qui veulent se préparer à la conception et à la grossesse. Nous les accompagnons au fil de la grossesse en prévention ou pour répondre à leur demande de bien-être. Nous traitons les femmes en post-partum et les nourrissons, de façon préventive ou pour corriger des lésions qui seront plus évidentes et plus limitatives en grandissant. Nous suivons l’enfant qui grandit et l’adulte qui vieillit, l’individu qui souffre et celui qui veut changer. Mais lorsque l’enfant naît, traversant sa première épreuve, nous ne sommes pas là pour l’accompagner lui et sa mère, pour amoindrir les douleurs de l’accouchement et peut-être éviter des lésions de naissance qui peuvent laisser des traces pour toute une vie. Avons-nous notre place en tant qu’ostéopathe au sein de l’équipe obstétricale ou dans les maisons de naissance tel que le Dr Still le voyait ?

mardi, 30 octobre 2007

Parentalité 101: la vie prénatale

Les découverte sur la vie secrète de l'enfant avgant sa naissance coroborent toute à une nouvelle façon d'aborder la vie prénatale qui sera le standard des années avenir, comme il l'a été à l'époque de toutes les grandes civilisations les plus pacifiques, harmonieuses, en santé aux longévités étonnantes.

Voici quelques élément pour nourrir votre vie parentale avant de concevoir et durant la grossesse.
Ces textes sont extrait de la thèse de François Amigues et Nathalie Séguin: "Science, art et philosposhie de l'ostéopathie dans la transmition de la santé entre les générations"

L’IMPORTANCE DE LA GESTATION POUR LA VIE FUTURE
Une autre façon de voir la grossesse :
Selon le Dr Fulford,
« la relation avec l’enfant ne commence pas lors de la naissance. Elle précède la naissance. Alors que l’enfant est dans le ventre, une relation intime, une communication bilatérale s’installe entre la mère et l’enfant. Cela représente beaucoup plus que la relation chimique intérieure. Le terrain vivant de la mère contient l’information spécifique sur son état émotionnel et sur ses expériences de grossesse […] Les deux parents devraient être encouragés à parler à leur enfant qui va naître sur l’amour et la joie que cette naissance leur apporte. L’enfant ne peut comprendre les mots, mais il en perçoit le sens. »
Dr Fulford cite le cas d’un enfant qui mordait les étrangers. Après un long et judicieux interrogatoire, la mère révéla qu’il y avait eu dans sa famille deux suicides pendant sa grossesse. Et il était clair pour lui que le comportement de l’enfant était le résultat de la réponse émotionnelle de la mère. Il a alors manipulé la structure de l’enfant pour enlever le choc et assouplir la colonne vertébrale, et l’enfant n’a plus jamais mordu personne . Ce témoignage, vérifié fréquemment en ostéopathie, mérite qu’on approfondisse un peu plus cette période prénatale.
Nous avons retracé ici les principaux travaux menés de par le monde sur l’importance des influences de la vie prénatale pour l’avenir et la transmission de la santé. En effet, il émerge de nombreuses disciplines des travaux qui tous convergent vers une accréditation de l’importance de la gestation dans le futur de l’individu.
En ostéopathie, ce sujet est à peine effleuré, mais particulièrement souligné en importance par le Dr Still. Il apporte un regard original en soulignant le lien primordial entre la conception, l’état de santé et les fascias.
« En suivant le germe au sortir du système de fascia du père, nous le voyons prospérer dans l’utérus, organe qui est presque en lui-même une créature à part entière. Il est le centre, l’origine et la matrice de tous les fascias. Il demeure là et se développe jusqu’à la naissance et apparaît comme une créature achevée, produit de la vie, donnée par la puissance du fascia. Par ce fondement maintenant établi, nous pensons prouver que conception, développement et cause de toutes les maladies se trouvent dans le fascia. »
Cette affirmation est sans équivoque et montre combien, en ostéopathie, la source de la santé trouve ses assises dans la vie prénatale. Le Dr Still semble amener l’idée que non seulement les fascias du père et de la mère se communiqueraient des caractéristiques au-delà des gènes – peut-être via le tissu conjonctif des deux gamètes – mais aussi que c’est bien lors de la gestation que se mettraient en place les caractéristiques de la santé d’un individu, par la qualité du développement de ses fascias. Cette puissance de vie des fascias nous ramène à leur pouvoir d’individualiser la vie en un système autonome. On retrouve à nouveau évoquée cette force morphique mais cette fois-ci inhérente au fascia, pour développer la vie embryo-foetale.
En médecine, nous avons surtout relevé les travaux du Pr J.P. Relier, chef du service de néonatalogie de l’hôpital Port Royal à Paris, qui s’est efforcé de regrouper le résultat des travaux sur l’adaptation psycho-physio-sensori-affective du bébé lors de la gestation, existant dans diverses branches de la médecine à travers une série d’ouvrages intitulés « progrès en néonatalogie ». Dans le même esprit, le Dr M. Odent, chirurgien, accoucheur, ancien directeur de maternité, et fondateur de l’Institut de Santé Primale, s’est lancé dans la même recherche qu’il continue de développer en Angleterre en collaboration avec R. Molonari D.O., directeur de l’École Européenne d’Ostéopathie de Maidstone. Au Canada, c’est au Pr T. Verny que nous devons les plus importants travaux dans ce domaine, ainsi qu’aux sages-femmes des maisons de naissance. Aux États-Unis, D.B. Chamberlain, Dr en psychologie, président de l’A.P.P.P.A.H.(Association for Pre and Perinatal Psychology and Health) a développé, avec toute une équipe de psychiatres et psychologues, une recherche poussée sur la vie intra-utérine.
Enfin, Marie-Andrée Bertin tente de diffuser les conséquences éducatives de l’ensemble de ces chercheurs et se veut la porte-parole de leurs découvertes auprès des parents. Enseignante et ancienne directrice des écoles de France, elle préside l’Organisation Mondiale des Associations pour l’Éducation Prénatale (O.M.A.E.P.) , dont la vocation est de regrouper les recherches scientifiques sur l’importance de la périnatalité, en un tout cohérent afin de proposer aux futurs parents de prendre part à leur rôle d’éducateur avant même la naissance. L’instruction est la vocation des professeurs, l’éducation elle n’est que l’apanage des parents et ne concerne que l’attention portée aux enfants pour leur permettre le plus d’épanouissement.
Toutefois, maintenant que nous savons que les aptitudes de l’individu se développent bien avant la naissance et d’une façon déterminante pour toute sa vie, l’ostéopathe peut partager ces découvertes pour inviter les futurs parents à débuter au bon moment leur rôle d’éducateur, à savoir dans cette période extraordinaire où il semble de plus en plus que les efforts fournis pour offrir les meilleures conditions d’une gestation heureuse porteront des fruits pour toute la vie.
« Avant qu’une découverte ne soit réalisée, une demande pour son utilité a été ressentie et formulée pendant des années, des siècles et des cycles de temps. » nous dit le Dr Still, et nous pouvons espérer que ces découvertes récentes en périnatalité arrivent pour étancher la soif de santé clamée par les peuples depuis la nuit des temps.

Nous avons synthétisé en quatre parties l’ensemble très vaste de toutes ces recherches sur les influences affectant la gestation, ainsi que les conclusions qu’elles suggèrent.

1. L’idée formatrice
L’embryocinèse, les champs morphiques et l’impact de la pensée sur le développement du bébé suggèrent une nouvelle compréhension du développement embryologique. La présence d’une idée organisante et formatrice du corps, devient prépondérante sur les facteurs génétiques qui apparaissent de plus en plus comme les exécutants d’un programme qui trouve son image gravée dans un plan énergétique, et dont le mouvement oriente les lignes directrices. Ici encore, la présence d’un souffle de vie, d’un principe intelligent recentre le débat de la vie prénatale.
• L’embryocinèse, Influence de l’eau et du mouvement dans l’embryogénèse ?
A.T. Still nous dit qu’ »en l’homme, on trouve matière, mouvement et esprit. »
En cette époque matérialiste, la santé, tout comme la conception, la grossesse et la naissance, ne sont abordées par la science que par sa haute technologie et sa pharmaceutique. On évite à tout prix de mentionner l’esprit. La science et Dieu ne font plus bon ménage! Pourtant, le mouvement qui anime chaque être, chaque source de vie est un phénomène qui intéresse autant le scientifique que le philosophe qui s’interroge sur les mystères de la vie. L’ostéopathe est riche et libre de pouvoir observer la magnificence de la vie entre ces deux points de vue.
Le courant générateur de vie, l’esprit de la nature, le souffle de vie (breath of life), le liquide céphalo-rachidien – le plus haut élément connu (highest known element) – sont pour Still autant de synonymes qui animent et gouvernent la matière. Mais comme le dit Sutherland :
« Étudier le principe de vie et venez de plus en plus près à comprendre ce que nous voulons dire par le Souffle de vie, le Dr Still a fait de son mieux pour nous le présenter, le souligner, mais nous ne sommes pas prêts. »
Pour Viola Frymann, « en suivant le développement anatomique, il devient évident que la structure est modelée par le mouvement. » Pour l’Église, c’est simple et magique : l’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante .
Pour la science, c’est un peu plus complexe et logique, le phénomène de mouvement peut s’expliquer par la recombinaison des forces bioélectriques et biochimiques membranaires :
« Comme tente de le démontrer le dispositif de Grobstein : les mouvements se font sous forme de pompes liquidiennes selon des axes longitudinaux et transversaux qui organisent l'espace. Ces zones lacunaires liquidiennes et ces membranes sphériques cellulaires s’organisent ainsi en masse sphérique (morula) puis ellipsoïde (gastrula) puis conique (axe préchordal), puis cylindrique (tube neural). Ces cellules forment ainsi, par différenciation, délamination et migration autour des espaces lacunaires liquidiens, des tissus différenciés. C'est par l'action biochimique et bioélectrique que la pression et la tension sur les membranes environnantes autorisent une réorganisation et une différenciation cellulaire formant un tissu spécifique C'est ainsi que se construit la structure embryonnaire aboutissant à la formation de l'axe embryonnaire entre le bourgeon céphalique préchordal et le bourgeon caudal de la membrane cloacale qui seront les précurseurs du nœud de Hensen de la ligne primitive. »
Qui plus est, avant que ce phénomène ne se produise, l’œuf est déjà doté de mobilité, comme le spermatozoïde qui se meut à sa rencontre.
La conception et la fécondation seraient-elles une danse unissant les mouvements de la gamétogenèse parentale, et contribuant dans son essence au mouvement précurseur de l’embryon ? Le climat dans lequel ce passe cette conception n’aurait-il pas alors sur le plan physique, émotionnel et spirituel des conséquences positives ou négatives pour l’enfant à naître ? Le milieu aqueux dans lequel débute la conception et dans lequel se poursuivra la croissance du fœtus ne garde-t-il pas en lui la mémoire de toutes les vibrations environnantes (musique, stress, amour…) ? Le liquide amniotique qui protège et nourrit le fœtus le bercera également au gré de ses vagues qui reflèteront les réactions de sa mère à son environnement.
« Dans l’utérus en gestation déjà, ces rythmes (respiration, circulation, vieillissement…) sont le reflet palpable de la mobilité cellulaire et tissulaire, des mémoires et des restrictions physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles […] Les rythmes modifient le support matériel, qu’il soit conjonctif, circulatoire, nerveux ou émotionnel. »
Theodore Schwenk, un hydrodynamicien allemand, confirme lui aussi au début des années soixante cette hypothèse :
« Quand on considère le développement de l'embryon, c'est-à-dire d'un organisme naissant à partir d'un état liquide, on est amené à considérer les mouvements qui se font en lui, autour de lui et sur lui, le modelant d'après des plans invisibles; ces mouvements ne laissent pas toujours leur marque perceptible dans l'organisme achevé; ils rappellent les mains adroites du potier, qui travaillent la glaise du dedans et du dehors, et qui, I’œuvre terminée, se retirent. »
Pendant que ces mouvements aquatiques extérieurs se passent, des mouvements tout aussi aquatiques se passent à l’intérieur de l’embryon. L’enroulement céphalo-caudal de l’embryon délimitera par la suite trois parties :
• 1-l’ectoderme représenté par le core-link dure-mérien
• 2-l’endoderme en antérieur représenté par le système pleuro-péritonéal (viscéral)
• 3-le mésoderme représenté par le système musculo-squelettique qui est médian.
Deux mouvements, l’un intérieur et propre au fœtus, l’autre extérieur et véhiculé par la mère. Deux rythmes agissant sur l’unité mère-enfant. Ces deux rythmes s’harmoniseront-ils comme deux pendules qui finissent par osciller en phase ? Les lois physiques étant les mêmes pour toute chose, ces deux mouvements entreront forcément en résonance.
L’eau, cet élément merveilleux, possède trois qualités essentielles : elle permet les échanges de substances, elle a un système rythmique dans le temps et oscillant dans l’espace. De plus, elle agit comme un système neuro-sensoriel, interface avec l’environnement. L’eau semblerait être elle-même un organisme. Dans le corps humain, on retrouve une grande analogie entre les différentes formes des structures qui le composent et les différentes formes de courants aquatiques. Le système sanguin se construit comme un système fluvial, en créant des réseaux qui tendent à se ramifier. La surface spiralée des muscles et des os rappelle le souvenir du milieu aqueux et l’imprégnation des courants et des mouvements qui l’ont formé. L’oreille interne, avec ses canaux semi-circulaires, rappelle une forme entrelacée issue de trois tourbillons.
Deux points de vue naviguent sur cet océan en mouvement :
• La cinétique de toutes les étapes qui mènent à la duplication, la différenciation et la migration des cellules pour former le fœtus, est explicable par les effets de pompes liquidiennes à travers les membranes, pression osmotique et autres processus biochimiques et bioélectriques.
• D’un point de vue ostéopathique, le souffle de vie, déjà présent dans les gamètes, se manifestera dans la substance fondamentale de l’œuf, et plus tard à travers le liquide céphalo-rachidien et dans tout le corps, sous forme de Long Tide (longue marée), puis de petite marée (M.R.P.) à partir du cinquième mois de grossesse. Cette marée donnerait mouvement et forme à la matière.
Deux points de vue, mais un seul raisonnement c’est le mouvement qui donne la vie. Non seulement le mouvement donne la vie, mais il l’entretient. « Le mouvement est une manifestation de la vie » . La pensée de Théodore Schwenk est très claire sur ce sujet :
« ces mouvements de l'eau sont issus de la volonté et de l'esprit d'un ‘’ être ‘’. Cependant, les forces formatrices à travers lesquelles ‘’ l'Idée ‘’ de chaque forme s'imprime dans les éléments, se réalisent d'abord sous l'espèce du mouvement. Lorsque la forme est achevée, le mouvement formateur abandonne son œuvre et y reparaît en tant que fonction que la créature peut dorénavant exercer elle-même. »
Cet énoncé vient rejoindre le concept ostéopathique, la motilité, tout comme la mobilité propre à chaque organe, toutes deux perceptibles par la main, serait le résidu des différents mouvements de migrations viscérales lors de la vie embryonnaire. Cette motilité inhérente à l’organe permet l’expression de son plein potentiel fonctionnel. La structure gouverne la fonction; or, cette structure est gouvernée par le mouvement. Ainsi le mouvement gouverne la fonction à travers la matière, la structure.

• La morphogenèse, l’ADN et les deux marées
La morphogenèse, ou genèse des formes, est traditionnellement basée sur l’héritage de gènes chimiques, évoluant au gré de combinaisons et de mutations spontanées selon la théorie de sélection naturelle pour l’adaptation des espèces à leur milieu environnant. Cependant, nous constatons l’incertitude de l’embryologie à donner l’interprétation de l’agencement cellulaire dans l’espace en des lieux prédéterminés, et en des formes quasi invariantes pour une même espèce . L’hypothèse de l’existence de morphogènes chimiques qui, selon un gradient de concentration, donneraient aux cellules des informations de position pour produire les protéines adéquates, n’a pas rencontré de succès. De plus, l’ensemble des atomes et des molécules des cellules se renouvelle constamment de façon périodique en quelques jours ou dizaine de jours. Ceci amena dès 1920, à penser que la morphogenèse serait organisée par des champs de développement embryonnaire ou morphogénétique, auto-formateur gouvernant le programme génétique et contenant la vision holistique de l’organisme . Une première modélisation mathématique est alors découverte par René Thom pour décrire l’existence de ces champs qu’il nommera en 1972 « champs morphogénétiques », dans son livre Stabilité structurelle et morphogenèse.
Il est temps de présenter davantage la notion de champs morphiques, qui fait suite aux découvertes de R. Tom, afin de mieux comprendre leur implication dans la morphogénèse. Selon Rupert Scheldrake, spécialiste en biochimie et biologie cellulaire, ces champs organisent non seulement le développement et la stabilité des formes chez les humains, les animaux, les végétaux et les micro-organismes, mais aussi les comportements, les systèmes sociaux, culturels et l’activité mentale grâce à la mémoire inhérente qui les caractérise. C’est pourquoi il leur donnera le terme plus large de « champs morphiques ». La résonance morphique suppose un transfert d’information non énergétique transcendant le temps et l’espace. Il en définit six caractéristiques :
• Ce sont des tout organisateurs
• Ils organisent des schèmes spatio-temporels d’activités vibratoires ou rythmiques
• Ils attirent les systèmes soumis à leur influence vers des formes et des schèmes d’activité caractéristiques, dont ils organisent la manifestation et préservent l’intégrité.
• Ils relient et coordonnent les unités morphiques ou holons, qu’ils englobent, lesquels sont aussi des tout organisés en champs morphiques, selon une hiérarchie gigogne ou holarchie.
• Ce sont des structures de probabilités et leur activité organisatrice est probabiliste.
• Ils ont une mémoire innée dispensée par auto-résonance avec le propre passé d’une unité morphique et par résonance morphique avec tous les systèmes similaires antérieurs. Cette mémoire est cumulative. Plus un schème d’activité particulier est répété, plus il tend à devenir habituel.
Cette modélisation – mathématiquement valable – donne une toute autre dimension aux théories connues. Sans entrer en conflit avec celles-ci, elle apporte une origine plus fondamentale et plus sensée encore aux principes traditionnels de la morphogenèse.
Il est étonnant de constater la similitude que présentent ces caractéristiques avec celles, plus vitales, de ces mouvements décrits en ostéopathie par R. Becker D.O. sous le terme de grande et petite marée, conduisant le souffle de vie dans le corps.
« Les deux marées sont innées, inhérentes et sont des mécanismes autorégulateurs involontaires et leur but premier est de maintenir la santé – elles sont des facteurs contribuant au corps dans ses efforts pour guérir d’un traumatisme et ou d’une maladie. »
Il en est de même de ces centres organisateurs de rythmes et de volumes que sont les fulcrums. Suzan Turner D.O. traduit très bien cette notion de transmutation d’une source de vie impalpable en phénomène physique :
« Je crois qu'en ce moment, ce que représente le plus le Souffle de Vie pour moi, ce sont les mots de Rumy qui dit que nous provenons d'une non-dimensionalité; nous vivons dans une dimension, mais nous provenons d'une non-dimensionnalité. »
D’autre part, cherchant à justifier la motilité, A. Wales D.O. relate des études faites en 1988 permettant de comprendre que
« Ce qui donne à la cellule sa forme pourrait aussi contrôler ses gènes. Au premier regard, le cytosquelette d’une cellule de mammifère ne semblerait pas être relié de près à l’expression des gènes. Le cytosquelette, un réseau complexe de protéines et autres molécules, donne à la cellule sa forme et lui permet de bouger. Les gènes, d’autre part, fourniraient l’information nécessaire à la fabrication des protéines. Contrairement à nos attentes, le cytosquelette semble intervenir comme acteur crucial dans le contrôle de l’expression des gènes. »
Ici encore, l’existence d’une force intelligente dépassant la génétique pour modeler la matière, semble se vérifier.

• Les images mentales
Le Dr Still, extraordinaire dans sa clairvoyance, nous amène encore plus loin. Il nous interpelle sur le fait qu’une « révolution mentale est indispensable. […] Un enfant est sûrement ce qu’il est par les causes prénatales. Donnez à la mère autre chose que du bavardage futile, alors, comme le cerveau de l’enfant se constitue à partir de son sang, vous pouvez espérer avoir un rejeton rayonnant dans l’enfance, la jeunesse et l’âge adulte. »
Cette formidable citation scelle à jamais le pacte tacite entre l’ostéopathie et la périnatalité. L’ostéopathe se voit ainsi conféré une tache grandiose dans sa contribution à la santé, particulièrement depuis celle des parents jusqu’à celle du bébé, en passant par le suivi attentif de la gestation. Pour cela, il est important de pouvoir comprendre comment certains strains se retrouvent dans les tissus à la palpation et comment notre rôle prophylactique auprès du futur enfant est aussi de faire prendre conscience aux parents de leur pouvoir formateur par l’atmosphère psychique qu’ils créeront.
En effet, se fondant à l’Intelligence formatrice, les pensée et les sentiments de la mère particulièrement sont des formes énergétiques en résonnance continuelle avec des parties analogues du champ morphique organisateur, assimilable au Potency en ostéopathie. Ainsi, actions, pensée, émotions durant la gestation généreraient des ondes agissantes se surimprimant au champ organisateur en y gravant des nouvelles informations, comme un nouveau sillon appelé chréodes. Ces chréodes n’influenceraient l’intelligence formatrice que par une répétition significative d’émissions d’ondes psychiques et physiques de même nature qui participeraient alors au modelage du bébé, prédisposant même sa vie psychique . Cette hypothèse est soutenue par la physique moderne où J. Charon, D. Bohm, O. Costa de Beauregard et F. Capra s’accordent pour dire que les informations intégrées par la contrepartie psychique des particules élémentaires en modifient leur qualité vibratoire . J.Charon affirme que
« les particules élémentaires (base des atomes et molécules) sont capables d’enregistrer, dans une mémoire qualifiée d’éonique, les informations fournies par leur environnement, de les reproduire, de se les remémorer (10 exp.18 fois par seconde) et de les communiquer à d’autres particules. »

Schroedinger (qui est) renchérit en prouvant que la conscience d’un observateur pouvait modifier l’état d’improbabilité des particules élémentaires et y induire un ordre dans leur comportement . Tout ceci confère à la mère durant la gestation un énorme pouvoir formateur qui expliquerait peut-être comment ses pensées pourraient influer dans l’attribution de qualités naturelles à son enfant mais aussi dans sa protection contre un stress qu’elle subit en générant mentalement des lignes de forces rassurantes et intelligentes.
La galvanoplastie est un phénomène physico-chimique qui illustre le mieux, à la lueur des recherches exposées précédemment, ce qui semble se passer dans le ventre de la mère lors de la grossesse. Le phénomène est simple : on plonge une lame métallique d’or, ou d’argent, ou de plomb, dans une solution de sel de ce même métal, avec un moule en gutta-percha recouvert de plombagine par exemple et représentant une forme, une figure particulière. Puis on branche la plaque au pôle positif d’une pile, elle devient cathode, alors que le moule est branché au pôle négatif, il se crée un dépôt de métal sur la figurine, alors que la plaque de métal régénère la solution métallique en se décomposant.

Si l’on transpose ce phénomène à la femme enceinte, la solution est représentée par le sang de la mère et le liquide amniotique où baigne l’enfant. La qualité de ces fluides dépend du champ neuro-hormonal qui s’exerce sur eux pour les régénérer et les entretenir. Le germe en formation se développe selon le plan génétique dont il dispose, sachant qu’il peut muter selon son environnement. Il constitue la cathode. Cette ébauche de l’enfant se fait dans l’utérus dont on connaît la forte relation au système hormonal et donc aux sentiments. Enfin, la pile est représentée par le souffle de vie qui anime toute existence. Cette analogie est un véritablement enseignement de sagesse révélant le pouvoir formateur de la femme durant la gestation. En effet, ses pensées « d’or ou de plomb » moduleront la composition de ses fluides. Ses sentiments portés en son cœur modèleront l’image de son enfant. Et selon son épanouissement la nature de l’enfant sera sculptée tout au long de la gestation.
D’autre part, la place du père dans ce concept serait de contribuer au schéma, aux lignes de force qui construiront l’enfant. La mère, par la qualité des matériaux qu’elle apporte et l’image qu’elle s’en fait contribue à la réalisation de ce projet dont elle détient en dernier ressort les modalités et la qualité. Cette pensée originale fut émise en France par un puissant pédagogue et philosophe éclairé le 9 juin 1938 lors d’une conférence auprès des médecins de Lyon. Elle résume, avec cinquante ans d’avance, les principales découvertes scientifiques de ces dix dernières années et la tendance la plus moderne en périnatalité.
Il résulte de ces considérations encore très novatrices dans la conscience occidentale que, dans l’accompagnement créateur et formateur du corps de l’enfant, l’idée et les pensées maternelles agissent surtout comme des modulateurs puissants pouvant favoriser l’expression du souffle de vie durant la gestation dans la structuration des formes et donc dans l’orientation cohérente du tissu conjonctif sculptant le corps selon les lignes de forces qui le pilotent.

2. Les stimulants du développement
Le stress est un terme emprunté à la physique au sujet des contraintes exercées sur un matériau et de sa capacité de résistance sans déformation ni rupture. Au niveau prénatal, ces contraintes sont d’origine émotionnelle ou sensorielle et, en-dessous de leur seuil de nuisance, elles deviennent plutôt des stimulants qui ont la faculté de favoriser le développement des potentiels génétiques. Ainsi, « l’anxiété pendant la grossesse est quasi physiologique et contribue au tissage du lien prénatal. » Ces stimulants sont donc des facteurs épigénétiques acquis de l’environnement maternel et périphérique et d’origine affective, sensorimotrice, traumatique, infectieuse ou alimentaire.
Le stress, qu’il soit heureux ou malheureux se résume à une sollicitation inhabituelle du système neuro-hormonal lui demandant des efforts d’adaptation. Tant que cet effort est faisable, il est donc bénéfique à l’évolution de l’individu. Cependant, le stress du bonheur, avec son cortège d’endorphines et de réactions vagotoniques semble donc bien avoir une valeur éducative, harmonisante et épanouissante bien supérieure au stress de la souffrance. À défaut, ce dernier aura tout de même une valeur éducative et stimulante pour s’adapter à la vie. On dénote ainsi une véritable plasticité génétique dans le développement du bébé in utero, induite par l’environnement et causant des mutations au génome initial.
« À travers l’interrelation entre le développement du cerveau et l’environnement durant les neuf premiers mois de la gestation et les deux premières années après la naissance, le cœur de l’habilité d’un individu à penser, à sentir et à établir ses relations avec les autres est formé. »
« En causant des changements subtils dans l’organisation des gènes du fœtus, le cerveau du bébé peut être endommagé, causant par exemple, des difficultés d’apprentissage de concentration ou de contrôle de comportements impulsifs. […] Les gènes pourraient avoir un rôle dans le façonnement des comportements violents exhibés plus tard, il s’agirait ici de gènes altérés par l’environnement et non pas hérités. Ces gènes altérés combinés à des facteurs négatifs dans l’environnement auraient un rôle néfaste sur le comportement ultérieur. Par exemple, durant la période critique de maturation du cerveau, une période prolongée de stress intense pourrait altérer l’ADN, le matériel de construction des gènes. »

• Les empreintes affectives
Le stress formateur ou destructeur :
Si une gestation heureuse mène naturellement à des enfants sains, il est maintenant reconnus qu’une dysharmonie au sein de la diade mère-nourisson induite par une grossesse pénible entraîne des désordres physiques et psychiques chez l’enfant.
Pour ce qui est du début de la période embryonnaire, le Dr V. Hana a pu prouver qu’un stress psychologique important de la mère peut modifier l’organisation placentaire et être à l’origine de problèmes vasculaires tardifs tels que l’hypertension gravidique, la toxémie, la pré-éclampsie et le retard de croissance intra-utérin (R.C.I.U) . Donc, cette période d’explosion cellulaire (six milliards ce cellules en deux mois et demi à trois mois), qui semble quasiment sous le seul contrôle génétique, nous apparaît déjà sensible à l’environnement à travers ce placenta que certains psychiatres considèrent comme partie influente de la triade mère-fœtus-placenta durant la grossesse.
Un nombre croissant d’études scientifiques démontrent la corrélation entre les influences psycho-affectives de la vie intra-utérine et le développement de maladies ou de mal-être. L’empreinte génomique et environnementale dans l’avenir de l’individu est le produit complexe du milieu socio-éducatif, du vécu émotionnel et des messages parentaux d’auto-permission ou d’interdit influant sur le futur comportement de l’enfant, son développement et la morbidité du futur adulte.
Le tableau suivant couvre l’horizon des études les plus significatives de ces quarante-cinq dernières années, et sont des synthèses tirées de la collection Progrès en Néonatalogie, mis en œuvre par le professeur J.P. Relier et de la thèse de la Dre S. Richard: Études des influences du stress émotionnel nociceptif ou structurant durant la gestation: Définition / Effet physiologique et conséquences:

a. Stress aigu Psychoaffectif
a.1. Angoisse chronique associée à des tensions importantes (fortes difficultés conjugales, discorde prolongée avec un membre de la famille, un voisin – stress permanent, menaçant, impossible à résoudre par l’action ou par résignation) (M.H. Stott) - Séquelle récente de fausse couche - Séquelle récente d’interruption de grossesse, Forte culpabilité, Grossesse non désirée et regrettée - Émotion paroxistique
> Effets: Souffrance Fœtale Aiguë (SFA) : bradychardie, hypotension artérielle, acidose respiratoire, hypoxie, probablement liée à une vasoconstriction de la circulation utéroplacentaire sous l’effet des catécholamines -Retards de Croissance Intra-Utérins (RCIU) - Anomalie de la morphologie et de la vascularisation placentaire.
Hypertension gravidique - À l’âge de 8 mois, quotient de développement neuromoteur inférieur. Pour les grossesses non désirées, des performances scolaires inférieures pour un quotient intellectuel égal, difficultés de langage, plus excitables et irritables - Retard mentaux deux fois plus fréquents / santé précaire - Insomnie primaire, coliques, cris paroxystiques
a.2. Idem, mais en fin de grossesse
> Effets: Idem + Augmentation des contractions utérines - Éventuellement, activité fœtale de base multipliée par dix, nouveau-nés irritables, hyperactifs, difficultés alimentaires - Régurgitation, vomissement, sténose du pylore chez le nourrisson qui serait l’effet de l’excès de gastrine franchissant la barrière placentaire créant une hyperthrophie du muscle pylorique .
a.3. Stress maternel psycho-social dans le 2e tiers de la grossesse
> Effets:Période critique importante dans la migration massive des neurones vers le cortex
Mise en place du thalamus, centre initial de l’émotion, entre le 3e et 5e mois de gestation
Asymétrie des dermatoglyphes entre main droite et main gauche, mortalité périnatale supérieure, mais pas d’effet sur le poids ou la prématurité - Schizophrénie

b. Stress Chronique ou subaiguë:
b.1. Décès in utero d’un jumeau, associé à métrorrargies inexpliquées, angoisse massive de la maman
> Graves troubles du comportements, guérissables par réminiscence et analyse post-natale de l’événement gravissime survenu pendant la vie utérine
b.2. Mères gravement dépressives, sans angoisse, avec la certitude anticipée de la mort de leur enfant
> Anorexie néonatale sévère
b.3. Décès du père entre le 3 et 5e mois de grossesse % décès du père dans l’année suivant la naissance
> Soupçon d’une anomalie dans la formation de l’hypothalamus, centre du comportement. Tendance à provoquer des tendances criminelles et des pathologies psychiatriques graves chez l’adulte .
b.4. Anxiété anormale car refoulée, ou exagérée ou contact avec un enfant handicapé, des femmes ayant eu une fausse couche ou une interruption de grossesse. Indifférence ou apathie. Grossesses perturbées par des conflits légers mais continus.
> Sécrétion chronique anormale de cathécolamines, affectant le développement physique et le comportement vis-à-vis de la mère, et problèmes utérins – Sympathicotonie, convulsions, hyperreflectivité ostéo-tendineuse, hypersensibilité au bruits, trémulations, plus de trouble du sommeil, du caractère, de difficultés alimentaires, de troubles digestifs, de rhino-pharyngites, d'otites répétées, de bronchites et même d'accidents entre 18 mois et 3 ans, devenant obésité ou maigreur, retard de taille, fièvres, malformations, troubles du comportement nausées, céphalées, diahrrhées et asthme à six ans .
Anxiété maternelle perdurant après la naissance entraînant un investissement affectif conflictuel (hostilité, autoritarisme, insatisfaction de leur rôle de mère)

c. Stress Environnemental epiphénoménal issue de quelques événements particuliers et moyennement stressants en cours de grossesse
> Action variable selon sa coïncidence avec une période sensible de développement fœtal

d. Rôle protecteur de la mère face au stress aigu, type grossesses en temps de guerre
> Enfant à terme et normal

e. Stimulation harmonieuse soutenue par un amour cultivé dans la relation triangulaire père-mère-fœtus, une interrelation psychique et physique précoce avec l’enfant in utero
> Afflux d’endorphines. Grande valeur organisatrice de l’interaction mère-nourrisson observé au 6e mois postnatal . Enfant plus en santé et plus épanoui


À l’extrême,
« de mauvais traitements durant les neufs mois du développement fœtal et les vingt-quatre premiers mois après la naissance, conduisent tout droit vers des enfants et des adultes violents. Les poisons accumulés dans la communauté humaine, provenant de mauvais traitements des bébés sont seulement en partie attribués aux toxines que nous reconnaissons déjà – la drogue, l’alcool et le tabac. Les trois dernières décennies nous ont apporté des recherches qui amènent de la lumière sur des sources plus subtiles de toxines qui influencent le développement de l’enfant : le stress chronique ou la négligence affecte le développement du fœtus ou du cerveau de l’enfant… »
« Mais n’oublions pas cet état psychique exceptionnel qu’est la grossesse. Ni l’amour de la mère qui peut former pour le fœtus un bouclier inaltérable. »
De plus, nous pouvons souligner l’importance de transcender l’angoisse ou l’anxiété légitime le plus souvent de la mère, afin qu’elle puisse offrir à son enfant les trésors qui accompagnent une grossesse consciente, positive et heureuse. C’est là qu’intervient le rôle déterminant du père qui peut par son attitude, veiller à créer une atmosphère bénéfique dans l’environnement de sa femme et assumer la « gestation du père ». Les Chinois disent que la mère porte l’enfant, mais que le père doit porter sa femme et son enfant dans son esprit!
Il résulte de ces études que l’enfant nourrit avant tout son développement harmonieux des liens affectueux et psychiques tissés avec sa mère, mais aussi son père. Ici encore, le principe des relations, des échanges, de l’amour gouverne et détermine la progression de l’enfant vers la vie et la maturation saine de tous ses potentiels. Le système hormonal, maître d’œuvre de tous les liquides semble être la clé physiologique et symbolique de ce fait. Hormones et vie liquidienne apparaissent encore comme les stimulants de l’épanouissement. Ainsi se tisse à nouveau la prépondérance de la vie liquidienne pour exprimer vie et amour. L’ostéopathe pourra en tirer inspiration et direction dans l’intention de son geste auprès des femmes enceintes.

Les influences sensori-motrices de la période fœtale
Les échanges materno-foeto-placentaires et le liquide amniotique :
C’est l’apparition des premiers récepteurs sensoriels avec leurs centres cérébraux correspondants, entre la huitième et la douzième semaine de gestation, qui marque la fin de la vie embryonnaire, par le ralentissement de la forte mitose cellulaire. Ces récepteurs se développeront pendant les six mois de la vie fœtale où ils affineront leur spécialisation selon leur prédestination génétique mais aussi, et de façon significative, selon la qualité et l’intensité des stimulations reçues .
« Il est maintenant admis que la croissance fœtale résulte d’une double influence développementale : l’expression du patrimoine génétique (ou inné) et les facteurs épigénétiques, environnementaux (ou acquis). »
« Les gènes fournissent le canevas et produisent la charpente du cerveau. Mais le modelage et la finition à l’intérieur de cette charpente sont facilités par l’environnement. Le travail est fait en tandem, les gènes fournissent les blocs de constructions et l’environnement agit comme le contremaître qui donne les instructions pour la construction finale… Les sons, les visions, les odeurs, le toucher – comme de petits charpentiers – peuvent tous rapidement changer l’architecture du cerveau, et quelques fois tourner mal comme des vandales… La découverte que le monde extérieur est en fait la vraie nourriture du cerveau est intrigante. Le cerveau aspire l’environnement extérieur par petits morceaux à travers ses systèmes sensoriels : la vue, l’odorat, l’ouïe, le goût, le toucher… Le monde ainsi digéré est rassemblé sous la forme de milliards de cellules qui grandissent constamment ou meurent, ou deviennent plus forte ou plus faible, selon de la richesse du banquet. »
« L’ordre d’apparition des récepteurs sensoriels et des centres cérébraux correspondants est toujours le même : « à la septième semaine apparaissent les récepteurs de la sensorialité olfactive et gustative puis tactile, puis vestibulaire et acoustique. Toutes ces stimulations périphériques moduleront, stabiliseront, différencieront les croissances des différents organes qui ont commencé à se différencier chez l’embryon. »
Il est important de noter que le bien-être fœtal devient possible grâce au liquide amniotique. Il est également dépendant des substances, neurotransmetteurs, et hormones qui traversent la membrane placentaire. Un échange hormonal se fait continuellement entre la mère et l’enfant pour assurer le bon déroulement de la gestation. De plus, les cathécholamines qui apparaisssent dans le sang de la mère quand elle a peur ou est perturbée franchissent la barrière placentaire et déclenche les mêmes réactions physiologiques associées à la crainte et à l’anxiété sur l’enfant qui en sera perturbé à son tour. « Heureusement l’amour de la mère semble agir comme un bouclier protecteur qui réduit, et parvient même à neutraliser dans certains cas, les effets des tensions extérieures. »

Études des influences sensorimotrices durant la gestation: Développement sensori-moteur / Apprentissage in utero:

. Dès la sixième semaine (post-ovulatoire), il fait preuve d’une extrême sensibilité à la lumière.
> apprentissage in utéro: Des lumières clignotantes projetées sur le ventre de la mère induiront des variations spectaculaires du rythme cardiaque fœtale, et il bougera ou détournera la tête pour retrouver son bien-être.

. Dès la 8e semaine po, les molécules de liquide amniotique stimulent les récepteurs de la sensorialité chimique, en même temps que l’apparition des premières synapses. L’odorat se développe conjointement avec le goût.
La modification de ses molécules aromatiques, sous l’influence de certains aliments ou d’états émotionnels de la mère, permettront une première interaction sensorielle avec sa mère.
> apprentissage in utéro: Goût et senteurs sont les premiers moyens de connaître le monde, de tisser des relations affectives, une perception de sa mère et même de l’environnement où il vit par l’adaptation au régime alimentaire de sa mère. D’ailleurs, une nourriture sucrée se solde par une double absorbtion de liquide amniotique. Ses sens permettront au bébé de reconnaître l’odeur de la peau de sa mère et de son lait.

. Dès la 10e semaine po, les récepteurs cutanés perçoivent le liquide amniotique comme une seconde peau permettant au fœtus de prendre conscience de son environnement utérin et des caresses de sa mère ou de son père.
> apprentissage in utéro: L’haptonomie, méthode de communication affective par le toucher, a fait ses preuves organisationnelles en permettant d’établir un véritable langage cohérent entre parents et fœtus, où il peut faire valoir ses émotions, son bien-être ou non, son désir de jouer et de communiquer. Ce langage tactile permet aussi d’aider l’accouchement par une relation plus intime avec le bébé. Enfin, il apporte un épanouissement postnatal plus harmonieux et plus rapide surtout sur le plan moteur.

. 10e semaine po, le système labyrinthique et les canaux semi-circulaires sont assez développés pour permettre de prendre conscience de l’équilibre et s’ébattre, s’amuser dans le liquide amniotique.
> apprentissage in utéro: Proprioception et orientation spatiale trouvent leur développement induit par la perception tactile. Tous les rythmes du corps, le mouvement des tissus environnants et des liquides où l’enfant baigne auront une forte prépondérance sur sa discrimination propriocetive et spacio-temporelle.

. 12e semaine po, l’apparition des osselets permettront, à travers la caisse du tympan et bien sûr le liquide amniotique, de percevoir les premières vibrations sonores.
> apprentissage in utéro: L’audition n’a cessé de prouver son pouvoir structurant durant la gestation, à travers les résonnateurs osseux de la mère, et ce, avant que l’oreille ne fonctionne au 5e mois, en engrammant les rythmes, les mélodies et les fréquences de son environnement sonore par sa peau, ses articulations, ses vertèbres, son système parasympatique et ses ganglions sympathiques surtout. Ce qui a pour effet de dynamiser l’ensemble du système nerveux et le cerveau dans leur développement .

Les études sur l’importance structurante de la musique harmonieuse, du chant prénatal, des voix parentale, des sons de la nature, surtout des fontaines, des sources, de la mer, etc., sont très nombreuses, avec leur corollaire d’influences nociceptives d’environnement sonore trop agressif (musiques violentes, trop fortes, désynchronisées, bruits, etc.). Cependant, les travaux du Pr Tomatis sont surprenants pour restaurer la santé et développer des performances neurologiques par l’écoute sélective de sons filtrés comme ils l’étaient dans la cavité utérine. Marie-Louise Aucher, professeur de pose de voix a développé le chant choral prénatal suite à ses observations de l’impact d’une voix de mère soprano sur le développement exceptionnel de la partie supérieur du corps chez le nouveau-né et sur la finesse de coordination neuromotrice précoce. Alors que l’effet des pères basses profondes provoquait un développement plus puissant du bas du corps et rendait ces enfants des marcheurs infatigables. Enfin, le Dr Couronne a prouvé que la création d’un « cordon ombilical sonore » fait de l’écoute d’une cassette de 50 % de voix maternelle, 30 % de voix paternelle et 20 % de musique douce, permettait aux prématurés de récupérer plus vite que les autres enfants prématurés ne l’ayant pas, et qu’ils se développaient beaucoup mieux.
En conclusion, on peut réaliser combien le développement, la normalité et la performance du système nerveux et sensori-moteur sont liés. La stimulation devient en elle seule un moyen puissant de structuration et de rééducation qui perdurera toute la vie. Une connaissance approfondie de ces stimulations sensorielles peut alors être utilisée avec grand profit pour reprogrammer profondément le système nerveux lors d’un traitement ostéopathique, comme nous l’a souvent cliniquement prouvé J.P. Amigues D.O.

• La mise en place du système neurologique
Les stimulations périphériques (environnement sensoriel, biologique, et psycho-affectif) sont capitales dans la croissance et la différenciation des secteurs du cerveau en modulant l’effacement des neurones pour leur substituer des synapses selon l’influence d’un apprentissage. Ceci afin de créer une véritable organisation de la conscience faite de compréhension, d’habituation et de mémorisation .
Les travaux d’une équipe multidisciplinaire de Toulouse, dont fait partie J.P. Amigues D.O., nous apportent une autre vision de la neurologie qui peut paraître révolutionnaire et, comme de fait, si proche de l’ostéopathie. En effet, pour ces neurologues d’avant-garde, la connaissance des circuits les plus fins du cerveau permet de comprendre le fonctionnement « en mouvement adaptatif constant à l’environnement » de ces fils entre les différentes aires associatives du cerveau et à distance en relation avec n’importe quel tissu du corps. Ainsi, ils sont parvenus à une véritable perception dynamique en volume du système nerveux. Pour chaque personne, il devient possible de dresser le schéma, puis l’image précise de son mode de fonctionnement neurologique. Chaque signe : un mouvement de l’œil, de la main, d’un doigt, la marche, la façon d’écrire, de fixer les objets, d’entendre, de s’exprimer … tout est indispensable à dresser le tableau exact des mécanismes de survie de la personne. Ainsi, c’est un véritable dialogue avec le système nerveux qu’il faut établir à l’aide de n’importe quel objet, activité, interrelation de la vie quotidienne inconsciente (le regard, la marche, les réflexes, etc.) et consciente (l’écriture, la parole, etc.) afin d’obtenir une image volumique vivante de ce système nerveux.
En ce qui concerne la vie prénatale, J.P. Amigues D.O. nous explique qu’un grand nombre de circuits limitant l’expression de la vie s’installe durant leur période de formation. Il est donc envisageable prochainement de pouvoir retracer avec précision la relation entre des événements environnementaux et « le programme de survie » élaboré par le système nerveux pour s’adapter à un stress nuisible. Il existerait donc des moyens de déprogrammer ces empreintes nocives en s’adressant directement à ce système.


Les influences physiques
Elles sont souvent induites par les facteurs précités de stress de toute sorte, mais aussi par des traumatismes ou des affections physiques affectant la femme enceinte.

Études des Influences physiques durant la gestation: Stimulus / Éffets physiologiques et conséquences:

- L’exposition au virus de la rougeole pendant la grossesse
> serait un facteur de risque pour développer la maladie de Crowns.

- Toxémie grave
> peut causer une souffrance fœtale chronique ou une pathologie prénatale, sans effet sur la prématurité, ni sur le poids.

- L’exposition intra-utérine aux infections maternelles
> serait associée à une augmentation marquée aux risques de paralysie cérébrale.

- De plus en plus d’évidences suggèrent que les anomalies cérébrales se développent dans la période prénatale chez les cas de schizophrénie
> les enfants pré-schizophréniques ont une circonférence de tête disproportionnée, plus petite en relation à la longueur du corps, que le groupe contrôle.

- Les mères qui font de la haute pression
> accoucheront de bébé qui auront un plus petit poids à la naissance et qui auront tendance à développer de la haute pression.

- Les enfants nés avant terme
> auraient plus de problème de comportement.

- Grossesse pathologique (anémie, trouble digestif, infections, hémorragies, toxémie légère)
> Ces grossesses restent sans effet de morbidité infantile supérieure à la normale.

- Malposition fœtale in utero, compression utérine complète ou partielle compactant l’enfant, torsions utérine induites par un wiplash, un stress, une lésion ostéopathique
> Ces lésions ostéopathiques prénatales donnent de plus en plus d’explications aux lésions ostéopathiques présentes chez le nouveau-né, sans raison traumatique due à la naissance.
Elles ont des effets de compressions souvent plus profondes que celles induites au moment de la naissance, particulièrement au niveau crânio-sacré, dans la post-flexion grave affectant C0/C1et dans les rotations d’écailles de l’occiput .

Chester L. Handy D.O., dans le Journal of the Osteopathic Cranial Association (1949) dit :
« Sous les influences prénatales, tout facteur affectant la santé de la mère peut avoir une conséquence sur la production immédiate ou future d’une lésion crânienne chez le fœtus en plein développement. Les états métaboliques, les déséquilibres endocriniens et l’état toxémique de la mère peuvent influencer la santé future de l’enfant et être en partie précurseurs d’une lésion crânienne. Plusieurs facteurs mécaniques peuvent aussi entrer en jeu. Une lordose extrême, une tumeur utérine ou abdominale, une grossesse multipare, une quantité insuffisante de liquide amniotique, peuvent affecter de façon néfaste le crâne en développement. Des pressions excessives sur la tête du fœtus peuvent résulter d’une position fœtale dans l’utérus, ou dans le cas où la tête buterait contre la structure pelvienne, ou d’un engagement prématuré. »

• Les apports nutritionnels, une des bases essentielles de la santé
« … tant que la digestion et l’assimilation maintiennent l’harmonie et que la mère génère du bon sang en abondance, l’enfant croît et par nature l’utérus fait tout pour assurer indéfiniment le travail de croissance du corps de l’enfant, mais la nature a placé toutes les fonctions de la vie animale sous des lois absolues qui doivent être respectées. »
L’alimentation représente le premier événement influençant la composition chimique du liquide amniotique. Tout d’abord, dans un monde où la moitié des habitants de la Terre manquent d’eau, il faut en souligner son importance, car elle apparaît de plus en plus animée d’une vitalité, même d’une intelligence propre et d’une mémoire, comme nous en parle T. Scwenk et le Dr J. Benvéniste. La qualité de l’eau, sa vitalité dépend de sa pureté et du mouvement dont elle est chargée. L’eau d’une cascade de montagne est plus vitalisante. Ainsi, lorsque l’on pense à l’impact précité de l’eau dans la formation de la structure du bébé, sa qualité devrait être une priorité, particulièrement pendant la gestation.
« Aussitôt qu'un être prend possession de la matrice, l'intendant chargé des vivres commence à fournir des rations ou du sang à cet être, afin qu'il se construise pour lui-même une demeure. La maison de l'enfant doit être construite de façon rigoureuse, en observant les spécifications à la lettre. Tout matériau employé dans la maison doit être exact dans sa forme, et d'une force donnée, suffisante pour fournir les énergies qui, plus tard, pourront être nécessaires pour exécuter le travail difficile et continu de l'esprit et du corps. Il faut mettre beaucoup d'os et de chair à l'intérieur de ce corps et certains éléments connus aux chimistes doivent être employés et savamment mélangés pour donner de la force. »
Sans entrer dans les régimes alimentaires, mais en raisonnant sur ce que l’ostéopathe connaît de la supériorité de la vitalité pour la santé dans le monde biologique, il est aisé de se rallier à l’opinion des naturopathes qui conseillent aux mères de se nourrir de produits frais et non dénaturés concourant à maintenir un degré élevé d’immunité pour elle et le bébé, en privilégiant les crudités (fruits et légumes) et les céréales pour leur forte teneur en « énergie vitale », ainsi que « les acides gras des poissons des mers froides qui aident à la construction du gros cerveau du bébé humain », tel que le souligne le Dr M. Odent. Avec la réserve de se préserver des dangers des acides gras saturés (graisses cuites, huiles raffinées, etc.) qui stoppent les informations des neuromédiateurs . Le Dr Still conseille de plus à la femme enceinte de ne pas mépriser les lois de la nature et de « ne pas surcharger son estomac » ce qui ralentit la digestion. « La décomposition produira une irritation des nerfs et des muqueuses suffisantes pour provoquer malaise et vomissement » . Plus encore, l’état de détente, de plaisir, de beauté, de sérénité et d’attention porté à la nourriture lors du repas semble le facteur le plus important dans l’assimilation harmonieuse des éléments les plus importants à la gestation.
Enfin, en dehors des suppressions du tabac, de l’alcool et de certains médicaments que conseilleront les médecins, il est à souligner que l’apport d’oxygène est primordial pour la formation des cellules et, en particulier, le développement du cerveau, ce que quelques respirations plus profondes, prises régulièrement au cours de la journée, devraient bien assurer.


Déductions pratiques

L’étude des influences vécues durant la gestation et son impact sur la vie entière fait de cette période la clé de voûte de la santé dont les bases les plus solides se trouvent dans la préparation préalable des parents, Néanmoins, le déroulement de cette étape peut être particulièrement attentionné pour offrir les meilleures chances de développement à l’enfant en formation. Nous avons voulu en montrer les grandes lignes pour souligner la mise en œuvre du geste conscient issu de cette philosophie.

Intentions dans le suivi de la gestation:
Philippe Druelle nous a décrit quatre périodes à considérer durant la gestation, lors du symposium international d’ostéopathie à Montréal en juin 1998 :

• De 0 à 12 semaines : période embryonnaire
C’est la phase d’explosion cellulaire, l’embryon repasse par tous les stades embryonnaires de l’évolution, de l’amibe à l’être humain. Durant cette période d’expansion puissant, rien ne semble pouvoir influencer la qualité de la santé de l’embryon, étant gouverné par l’expression pure de la respiration primaire qui gouverne sa structuration fondamentale . Donc, c’est le temps de s’occuper surtout de la maman, afin de vérifier sa vitalité et tous ses mécanismes. C’est donc une période de préparation, de grand ménage (s’il n’a pas déjà été fait) pour permettre à la femme d’accueillir le changement, avant que les fascias ne soit trop en tension. Pour collaborer à la nidation et à la gestation, A.T. Still nous oriente :
« Le chef d'atelier, par l'intermédiaire de l'intendant, fournit une grande abondance de toutes sortes de matériaux pour le travail. Une question se pose : Par quelle voie l'intendant envoie-t-il le ravitaillement ? Il n'y a qu'un seul système par lequel ce ravitaillement est convoyé et c’est le système utérin des artères. »
Pour l’embryon, c’est l’étape de la décision, du vouloir, avant l’implantation de l’œuf, car seulement 10 % s’implante, 90 % ne dépasse pas la 8e semaine.

• De 12 à 18 semaine (3M à 5M½) : Période fœtale
L’apparition des organes des sens freine la multiplication cellulaire et … . nous dit que les forces génétiques hériditaires, transgénérationnelles s’impliquent alors pour personnaliser le développement de l’individu. Philippe nous conseille de mettre l’accent sur le dégagement et l’harmonisation des liquides, des membranes et des viscères pour libérer le système vasculaire lors de la sortie de l’utérus en dehors du bassin. C’est l’étape sensorielle et l’ostéopathe a un rôle de conseiller pour inviter la mère à vivre une grossesse heureuse en cultivant le bouclier protecteur de son amour pour répondre au stress du quotidien.
Si toutefois le stress vécu par la mère dépassait ses possibilités d’adaptation, l’ostéopathe pourrait participer à sa santé en revitalisant les tissus de la mère bien sûr, mais aussi l’enfant lui-même par un travail biodynamique au niveau de l’utérus et du fœtus lui-même. Cela est valable tout au long de la grossesse.

• 18-26 semaines (5M½ à 8M½)
Nous assistons à l’apparition du M.R.P. fœtal, que nous allons pouvoir favoriser en cas de contraintes excessives si la grossesse est difficile. À ce stade, il est important de dissocier le confort du bébé, de la maman et de la grossesse, par un travail harmonisant chaque point de cette triade. C’est l’étape relationnelle et affective entre la mère et son enfant. Le père peut débuter une relation sensorielle avec le bébé par le toucher et l’ostéopathe peut guider ses mains pour l’aider à établir ce contact.

• 26-36 semaines (8M½ à l’accouchement)
Cette dernière phase est capitale dans le développement du système nerveux. C’est l’étape de la détermination, par la mise en place du cortex et le tracé des réseaux de pré-fonctionnement cérébral. D’un point de vue mécanique, l’ostéopathe recherchera la liberté des diaphragmes et l’adaptation de l’enfant et de sa mère aux contraintes de compression et de posture.

Aider la femme enceinte à s’adapter:
Steve Sandler D.O. est maître de conférence à l’École britanique d’ostéopathie à Londres et est fondateur de la Clinique des Futures Mères. Selon une étude qu’il a réalisée, la grossesse entraîne des changements posturaux considérables et occasionne des maux de dos dans 85 % des cas. Il mentionne l’importance d’aider la femme enceinte à être confortable en respectant sa typologie de fin de grossesse qui peut être postérieure (elle n’a alors pas l’air enceinte) ou antérieure. La bascule du bassin occasionnera des tensions sur la chaîne centrale et peut-être des problèmes gastro-oesophagiens. Il est donc important de libérer tous les éléments de la chaîne centrale. Le traitement structurel pour libérer les sacro-iliaques et les lombaires n’est pas contre-indiqué – particulièrement au moment de l’accouchement –, il est seulement adapté ; l’ostéopathe se place derrière la patiente et utilise plutôt le déroulement du levier supérieur. Il s’agit également d’éviter de traiter entre les semaines douze et seize qui est la période de fausse couche naturelle. S’il y a un ramollissement du col trop tôt, c’est que la tête le sollicite, Il ne faut pas empêcher la parturiente de bouger, il faut la traiter. Le traitement ostéopathique arrête les contractions précoces et régularise les problèmes dans 80 % des cas. Steve Sandler est souvent présent lors de l’accouchement et nous invite à y participer pour aider le travail lorsqu’il y a une inertie et pour améliorer le confort de la femme.